PROPOS ANTI-NEGRES DU BEKE HUYGHES-DESPOINTES : DEUX POIDS, DEUX MESURES ( R. CONFIANT) |
|  | mercredi 4 février 2009 Par la rédaction de Montray Kreyol M. Alain Huyghes-Despointes, industriel béké martiniquais, propriétaire de diverses entreprises en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane (Danone, Coca-Cola, etc…), a donc tenu des propos anti-métis et anti-nègres sur CANAL + à une heure de grande écoute en France. Il ne s’est pas exprimé sur une petite chaîne locale comme RFO. Non ! Sur l’une des plus grandes chaînes françaises. Une chaîne qui est regardée chaque soir par plusieurs dizaines de millions de téléspectateurs français. Une chaîne réputée pour passer des films de valeur et des documentaires de haut niveau. Ce qui veut dire que tout le monde en France a entendu M. Huyghes-Despointes mépriser les métis antillais et déclarer que l’esclavage n’était pas aussi féroce qu’on le dit généralement. Or, aucun média hexagonal, aucun grand journal, aucun intellectuel droit-de-l’hommiste du Quartier Latin n’a encore réagi. Comme pour les massacres de Gaza le mois dernier, les Bernard-Henri Lévy, André Glucksman ou encore Alain Finkielkraut sont aux abonnés absents ! Mais, imaginez un seul instant que de tels propos aient été tenus sur la même chaîne par quelqu’un qui n’aime pas les Fils de Sion. Dans la minute qui aurait suivi, on aurait assisté à un véritable tollé médiatique. La personne aurait été dénoncée, vilipendée, clouée au pilori, mise au ban de la société. On lui aurait jeté au visage l’insulte suprême : ANTISEMITE. Mais, nous exagérons : cette personne n’aurait pas besoin de tenir des propos aussi odieux que celui du Béké martiniquais. Il lui aurait suffit de dire le dixième de ce que ce dernier a déclaré pour se voir aussitôt publiquement exécuté. Oui, le dixième ! Mieux : cette personne aurait simplement critiqué Israël et le sionisme, cette idéologie impérialiste, qu’elle aurait été aussi qualifiée d’antisémite et descendue en flammes non seulement par l’intelligentsia germanopratine, mais aussi par leurs boys, leurs négro-larbins et bougnoulos-larbins qui, au nom de la diversité, jouent des coudes, lèchent des bottes et mangent à tous les râteliers dans l’espoir qu’un strapontin pseudo-républicain leur sera attribué. Cela s’appelle du deux poids deux mesures. Les intellos germanopratins et leurs boys appellent ça du terme pompeux et vaguement méprisant de « concurrence des victimes ». Or, il n’en est rien. Ce que nous demandons est très simple : que les insultes, attaques et autres agressions à l’encontre des nègres et des arabes soient dénoncées et punies avec exactement la même vigueur que ceux adressés aux Fils de Sion. Il n’y a là aucune concurrence. Juste une exigence d’égalité de traitement. Point à la ligne. Alors bien sûr, on verra dans quelques jours un articulet dans MARIANNE ou le NOUVEL OBSERVATEUR. SOS-RACISME, s’il n’est pas trop occupé à maquiller les transferts de fonds destinés à acheter des montres à 20.000 euros pour tel leader socialiste, se fendra d’un petit communiqué. Et puis, tout rentrera dans l’ordre. M. Alain Huyghes-Despointes ne sera en tout cas pas diabolisé comme Dieudonné et personne ne lui demanda de rendre sa médaille de la Légion d’honneur. Raphaël Confiant |
ORIGINE DES BEKES : QUAND ALAIN HUYGHES-DESPOINTES REECRIT L’HISTOIRE…
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Jeudi 12 février 2009 par Jean-Laurent Alcide www.montraykreyol.org/spip.php?article2045 Au cours du reportage consacré aux Békés martiniquais par la chaîne française CANAL +, on a pu entendre, entre autres insanités, de la bouche de M. Alain Huyghes-Despointes, la phrase suivante : « En 1635, des nobles français colonisent l’île de la Martinique… » Il y aurait de quoi rire, si cela ne révélait pas l’incroyable inculture, mêlée de duplicité, des « derniers maîtres de la Martinique ». En effet, il est bon de rappeler la composition des premiers colons : · 60% de paysans venus du fin fond des provinces du Nord-Ouest de la France (Vendée, Normandie, Poitou, Bretagne etc.) qui étaient employés comme « engagés » ou « 36 mois » par quelques grands planteurs et qui travaillaient sur les « habitations » aux côtés des esclaves noirs. S’ils parvenaient à survivre au bout de leur période d’engagement, ils se voyaient octroyer un bout de terrain pour devenir propriétaires à leur tour. En 1635, au 17è siècle donc, l’école gratuite, laïque et obligatoire n’existait pas encore (ce sera le cas 2 siècles plus tard), donc la quasi-totalité de ces paysans est analphabète et parle les dialectes d’oïl (normand, poitevin, vendéen etc…). · 30% de repris de justice, de malandrins, de hors-la-loi, bref de gens qui n’ont rien à perdre et qui sont prêts à tenter l’aventure vers l’Amérique afin de se refaire une nouvelle vie. Beaucoup d’entre ces gens de sac et de corde étaient d’ailleurs expulsés vers les colonies afin de purger le Royaume de France de ses impuretés. · 10% de cadets de famille, c’est-à-dire de fils de nobles qui, dans le droit d’Ancien régime, ne pouvait bénéficier d’aucune part de l’héritage de leur père (cet héritage revenant tout entier à l’aîné) et qui n’ayant aucune perspective en France, tentaient eux aussi de se construire une vie meilleure par-delà l’Atlantique. Autrement dit, contrairement à ce qu’affirme Alain Huyghes-Despointes, seule une infime minorité des Békés est d’origine noble. Tous les historiens sont d’accord là-dessus. Il suffit de lire le monumental travail de Petit-Jean-Roget (Béké lui-même), « La société d’Habitation à la Martinique—1635-1665 » ou encore Sydney Daney, Gabriel Debien ou Paul Butel pour se rendre compte que l’origine noble de nos actuels Békés relève de la pure fable. Et il ne faut pas se laisser tromper par la particule que beaucoup d’entre eux arborent : au 17è siècle, un Jean Martin, originaire du village appelé « La Garrigue », par exemple, se faisait appeler « Jean Martin de La Garrigue ». C’était courant, banal même, Et surtout ça n’indiquait aucune origine noble ! S’agissant des femmes békées, les choses sont encore moins reluisantes. A l’époque, les voyages vers l’Amérique sont longs (1 mois et demi), difficiles (cyclones) et surtout dangereux (pirates). De plus, ce continent inconnu a une mauvaise image : en Europe, elle est vue comme une terre sauvage, étrange, où vivent des « hommes à deux têtes » (sic) et qui n’a qu’un seul intérêt, celui de posséder de l’or. Le colon européen va donc aux Amériques pour essayer de s’enrichir au plus vite afin de retourner vivre en nabab dans le seul lieu où, selon lui, s’épanouit la Civilisation avec un grand « C », à savoir l’Europe. Le colon n’était pas venu fonder une nouvelle civilisation en Amérique ni planter la canne à sucre, le coton ou le café. Cela s’est fait par hasard. Jusqu’au 19è siècle, cette obsession du retour en Europe perdurera chez les Békés, soit plus de 2 siècles après leur installation aux îles ! Il n’y a qu’à lire pour s’en convaincre les « Mémoires d’un colon à la Martinique » du Béké Pierres Dessales, propriétaire de l’habitation Nouvelle Cité, à Sainte-Marie. Il passera sa vie à essayer de gagner suffisamment pour se réinstaller en France, chose qu’il fera pour sa famille, lui demeurant seul sur son habitation des années durant ! Et se lamentant sans arrêt de devoir vivre dans ce « maudit pays » !!! Donc, au 17è siècle, début de la colonisation, très peu de femmes blanches émigraient vers ces « isles » mal connues et réputées dangereuses qu’étaient les Antilles. A tel point que les premiers colons sont obligés d’avoir recours aux Caraïbesses (femmes caraïbes) et quand ce peuple sera exterminé, aux femmes noires. Beaucoup de colons assiégeaient littéralement le cardinal Richelieu, premier ministre de l’époque, de lettres suppliantes : « Envoyez-nous des femmes ! ». Il y allait, en effet, de la perduration des établissements français aux Antilles, médiocrement rentables à cause du manque d’or. Alors Richelieu ordonna à sa maréchaussée de razzier des péripatéticiennes sur les quais de Nantes, de La Rochelle et de Bordeaux afin de les envoyer de force aux Antilles. Et quand leur nombre n’était pas suffisant, cette maréchaussée kidnappait des jeunes filles de quatorze-quinze ans (des enfants abandonnés donc) pour les expédier aux colons. S’il y eut donc 10% de nobles parmi les hommes colons, il y en eut…0% s’agissant des femmes colons. Aucune femme d’un certain rang - et surtout pas noble - n’aurait pris le risque, en ce 17è siècle, de partir à l’inconnu, à bord de bateaux peu fiables et dont les équipages étaient composés de rustres et de ruffians. Ce n’est que lorsque le miracle de la canne à sucre se produira, vers 1660-70, enrichissant brutalement les colons (qui deviennent dès lors « Békés ») ainsi que les grands ports de la métropole française, que le « Code Noir » interdira les unions - et même les relations sexuelles - entre Blancs et Noirs. Avant 1685, beaucoup de Blancs concubinaient avec des négresses et même se mariaient parfois (on a retrouvé des actes de mariage de ce type dans des archives paroissiales). Monsieur Alain Hughes-Despointes réécrit donc l’histoire, comme le font d’ailleurs, nombre de Békés, afin de tenter d’effacer ces origines peu reluisantes. C’est à la fois ridicule et pathétique. Ridicule parce qu’il n’y a aucune honte, quand on est Antillais, à avoir des origines peu reluisantes. C’est le cas de toutes les populations qui sont venues s’installer dans les îles ou qui y ont été emmenées de force. De même que 90% des Békés descendent de serfs et de putes, la grande majorité des esclaves noirs n’étaient pas des fils de rois, ni les Indiens (dits « Coulis ») des fils de Maharadjah, ni les Chinois fils d’empereurs, ni les Syriens fils de cheicks. Personne n’émigre de gaieté de cœur ! Surtout à l’époque où les voyages étaient très longs et où on ne disposait d’aucun moyen (téléphone, télévision, Internat etc…) de garder le contact avec sa terre natale. Partir était le plus souvent un voyage sans retour. Les Noirs antillais descendent pour beaucoup de gens qui étaient déjà esclaves ou prisonniers de guerre en Afrique. On connaît le rôle sinistre d’intermédiaire joué dans la Traite par maints roitelets de la côte occidentale de l’Afrique. Il y a pu avoir, ici et là, un roi ou deux-trois nobles vaincus qui ont dû faire partie des « bois d’ébène », mais ce n’était pas très fréquent. Quand aux Indiens, ils descendent pour la plupart des « Intouchables », ces hors-castes qui, jusqu’à aujourd’hui, sont considérés comme la lie de la société indienne. Pourquoi un fils de Maharadjah abandonnerait-il ses épouses, ses serviteurs et son palais pour s’en aller couper la canne à sucre aux Antilles ? Pareil pour les Chinois. Il n’y eut guère qu’un seul Mandarin parmi ceux qui sont arrivés à la Martinique ! Et c’est parce qu’il avait été embauché comme interprète. Tous les autres étaient déjà des « Coolees » à Canton ou à Shanghai, c’est-à-dire des gens taillables et corvéables à merci. Quand aux Syro-libanais, ils ont fui leur pays à cause des guerres claniques qui s’y déroulaient, de la misère et de la colonisation franco-britannique. Aucun Antillais (blanc, noir, indien, chinois ou syro-libanais) ne saurait donc se targuer d’une quelconque noblesse. Nous sommes tous les fils et filles de repris de justice, de bannis, de réprouvés, d’esclaves ou de fugitifs. Et quand aux métis (mulâtres, chaben, etc…), ils sont le fruit de l’union de ces mêmes réprouvés, esclaves et fugitifs et donc sont des bâtards à la puissance 2. Assumons notre bâtardise commune, messieurs les Békés, et tentons de rebâtir ensemble une société débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme et du préjugé racial !
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