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Rapport annuel de la CSI :
101 syndicalistes assassinés en 2009 ; augmentation des pressions sur les droits des travailleurs alors que la crise touche l’emploi

9 juin 2010 : Le Rapport annuel des violations des droits syndicaux de la CSI note une hausse spectaculaire du nombre de syndicalistes assassinés en 2009 : leur nombre s’est élèvé à 101, soit une augmentation de 30 % par rapport aux années précédentes. Le rapport, rendu public aujourd’hui, révèle également une augmentation des pressions sur les droits fondamentaux des travailleurs parallèlement à l’aggravation des effets de la crise économique mondiale sur l’emploi.
Sur les 101 syndicalistes tués, 48 ont été assassinés en Colombie, 16 au Guatemala, 12 au Honduras, six au Mexique, six au Bangladesh, quatre au Brésil, trois en République dominicaine, trois aux Philippines, un en Inde, un en Iraq et un au Nigeria. En Colombie, 22 des syndicalistes assassinés étaient de hauts dirigeants syndicaux et cinq étaient des femmes, preuve que l’attaque des années précédentes se poursuit. La montée en flèche de la violence se note également au Guatemala et au Honduras depuis quelques années.
« La Colombie a, une fois encore, été le pays où, plus qu’ailleurs, se battre pour les droits fondamentaux de la main-d’œuvre conduit à la mort en dépit de la campagne de relations publiques du gouvernement colombien pour convaincre du contraire. La détérioration de la situation au Guatemala, au Honduras et dans d’autres pays est également extrêmement préoccupante », a déclaré Guy Ryder, secrétaire général de la CSI.
Cette année, le rapport dresse à nouveau une liste exhaustive des violations dont ont été victimes les syndicalistes luttant pour défendre les intérêts de la main-d’œuvre dans 140 pays. Par ailleurs, de nombreuses autres violations n’ont pas été rapportées, dans la mesure où des travailleuses et des travailleurs sont privés du moyen de faire entendre leur voix, ou craignent de s’exprimer en raison des conséquences qui pourraient en découler par rapport à leur emploi, voire à leur intégrité physique. Outre l’effroyable liste d’assassinats, le rapport détaille par le menu les harcèlements, les actes d’intimidation et d’autres formes de persécution à l’encontre des syndicats.
Du reste, dix tentatives de meurtre et 35 menaces de mort sérieuses ont été enregistrées, à nouveau principalement en Colombie et au Guatemala. Par ailleurs, de nombreux syndicalistes sont restés emprisonnés et ont été rejoints par une centaine d’autres en 2009. D’autres encore ont été arrêtés en Iran, au Honduras, au Pakistan, en Corée du Sud, en Turquie et au Zimbabwe. La situation générale en matière de droits syndicaux a continué de s’aggraver dans plusieurs pays, notamment en Égypte, dans la Fédération de Russie, en Corée du Sud et en Turquie.
Les forces antidémocratiques ont continué de cibler les activités syndicales, conscientes que les syndicats sont souvent en première ligne dans la défense de la démocratie. C’était en effet flagrant au Honduras dans le climat de violence qui a régné après le coup d’État, ainsi qu’en Guinée lors d’une manifestation de protestation contre la junte au pouvoir, qui s’est soldée par un terrible massacre le 28 septembre. De nombreux cas de répression contre des grèves et des grévistes ont été documentés dans chaque région. Des milliers de travailleuses et de travailleurs, manifestant pour réclamer leurs salaires, dénoncer les piètres conditions de travail ou les effets néfastes de la crise financière et économique mondiale, ont été victimes d’agressions, d’arrestations et de détentions, notamment en Algérie, en Argentine, au Belarus, en Birmanie, en Côte d’Ivoire, en Égypte, au Honduras, en Inde, en Iran, au Kenya, au Népal, au Pakistan et en Turquie. Des licenciements de travailleurs en raison de leurs activités syndicales ont été rapportés dans nombre de pays. Au Bangladesh, six travailleurs du secteur de l’habillement, qui faisaient grève pour réclamer une augmentation salariale et le règlement des arriérés salariaux, ont perdu la vie à la suite d’une intervention de la police.
Les employeurs ont continué de recourir largement aux actions antisyndicales et aux pressions. Dans plusieurs pays, des entreprises ont menacé le personnel de fermer ou de transférer les sites de production s’il organisait un syndicat ou y adhérait. Souvent, les employeurs ont simplement refusé de négocier avec les représentants légitimes des travailleurs tandis que les autorités restaient sans rien faire. Certains codes du travail ont été amendés afin de permettre une plus grande « flexibilité » et de mettre à mal les systèmes existants de sécurité sociale ce qui a souvent eu une incidence sur les systèmes actuels de relations professionnelles et a affaibli les droits syndicaux.
En fragilisant des normes du travail reconnues au niveau international, un nombre sans cesse grandissant de travailleurs ont été confrontés à l’insécurité et à la vulnérabilité dans l’emploi puisqu’aujourd’hui, environ 50 % de la main-d’œuvre mondiale occupe des emplois précaires. Ce phénomène a touché les travailleuses et les travailleurs des zones franches d’exportation, en particulier en Asie du Sud-Est et en Amérique centrale, le personnel domestique, surtout au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, les migrants ainsi que les travailleurs agricoles. Bon nombre des secteurs les plus touchés se caractérisent par de fortes concentrations de travailleuses. En outre, on a pu noter la croissance de l’emploi informel et le développement de nouvelles formes « atypiques » d’emploi, tant au niveau des régions qu’à celui des différents secteurs industriels. Les difficultés auxquelles est confrontée cette main-d’œuvre pour se syndiquer ou exercer ses droits syndicaux sont directement liées à sa position très vulnérable sur le marché du travail.
Le rapport met également en exergue de nombreux cas où, alors que les droits syndicaux sont officiellement protégés par la législation, des restrictions de la couverture légale, ainsi qu’une application faible ou inexistante ont accru la vulnérabilité des salariés subissant déjà la crise de plein fouet. De nombreux pays restreignent sévèrement ou interdisent directement les grèves. En outre, des procédures complexes, l’imposition de l’arbitrage obligatoire et l’utilisation de définitions excessivement larges des « services essentiels » rendent souvent impossible l’exercice des droits syndicaux dans la pratique, privant les travailleurs de leurs droits légitimes d’être représentés par leur syndicat et de participer à des actions de grève.
Le rapport de la CSI relève qu’en dépit du fait que 2009 a célébré le 60ème anniversaire de la Convention n° 98 de l’OIT sur le droit d’organisation et de négociation collective (1949), des pays tels que le Canada, la Chine, les États-Unis, l’Inde, l’Iran, le Mexique, la Thaïlande, la République de Corée et le Vietnam ne l’ont toujours pas ratifiée. Par conséquent, environ la moitié de la population économiquement active de la planète n’est pas couverte par cette Convention.
« Cette année, le rapport de la CSI montre que la majorité des travailleuses et des travailleurs du monde ne bénéficient pas de protection efficace de leurs droits d’organiser des syndicats et de négocier collectivement. Il s’agit d’un facteur principal de l’augmentation à long terme de l’inégalité économique au sein des pays et entre nations. Les revenus inappropriés de la grande majorité de la main-d’œuvre mondiale ont été l’un des éléments déclencheurs de la crise économique mondiale et font qu’il est difficile de placer l’économie sur le chemin de la croissance durable », a déclaré Guy Ryder.



Colombie : Encore un syndicaliste assassiné

10 juin 2010 : La CSI s’est jointe à ses organisations affiliées colombiennes pour condamner sans ambages l’assassinat, le 5 juin, d’Hernan Abdiel Ordoñez Dorado, trésorier au comité exécutif de l’Association syndicale des employés de l’Institut national pénitentiaire et carcéral (ASEINPEC) de Cali. Ordoñez se trouvait en compagnie de sa mère lorsque des individus se déplaçant à moto lui ont bloqué la route et l’ont abattu de quatre coups de feu.
D’après la CSI, le dirigeant syndical se trouvait impliqué dans la dénonciation d’actes présumés de corruption, qui mettaient en cause le personnel de direction de la prison de femmes. Il avait préalablement fait l’objet de menaces et avait été victime d’un attentat. La Centrale générale des travailleurs (CGT) a demandé, à maintes reprises, qu’un dispositif de sécurité soit mis à disposition mais ces demandes ont été ignorées par le gouvernement.
Dans une lettre adressée aux autorités colombiennes , la CSI s’est jointe à la CGT pour demander au gouvernement colombien de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour faire la lumière sur les mobiles de cet assassinat et identifier et sanctionner de manière exemplaire les auteurs matériels et intellectuels.
« Les autorités colombiennes doivent prendre d’urgence les mesures concrètes nécessaires pour garantir à tout moment l’intégrité physique des syndicalistes colombiens », a insisté Guy Ryder, secrétaire général de la CSI.



99e Conférence internationale du Travail de l’OIT

L’Organisation internationale du Travail (OIT) tiendra sa session annuelle de la Conférence internationale du Travail à Genève, du 2 au 18 juin. Des délégués des gouvernements, des travailleurs et des employeurs représentant les 183 Etats Membres de l’OIT vont discuter de toute une série de thèmes, y compris:
         L’élaboration d’une norme concernant le VIH/sida dans le monde du travail
         Le travail décent pour les travailleurs domestiques
         L’objectif stratégique de l’emploi (dans le cadre du suivi de la Déclaration de l’OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable)
         L’application des conventions et recommandations de l’OIT
Un an après l’adoption du Pacte mondial pour l’emploi conçu afin d’orienter les réponses nationales et internationales à la crise, un débat de haut niveau sera consacré au Pacte, aux politiques macroéconomiques et au Rôle de l’emploi productif et de la protection sociale en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement



Au Swaziland Un syndicaliste meurt en garde à vue

14 May 2010  La CSI s’est jointe à la CSI-Afrique et à ses affiliées pour condamner avec véhémence la mort suspecte en garde à vue de Sipho Jele, membre du Swaziland Agriculture and Plantation Workers’ Union (SAPWU) et du People’s United Democratic Movement (PUDEMO), principal parti d’opposition du pays, qui a été interdit et fait l’objet de poursuites incessantes au titre de la tristement célèbre loi sur la suppression du terrorisme du gouvernement. Le Swaziland vit sous état d’urgence depuis 1973.
Les festivités du Premier mai organisées au terrain de sport Salesian, à Manzini, ont été brutalement interrompues par la police, qui cherchait par tous les moyens à expulser les invités qui, selon elle, n’étaient pas des travailleurs. La police a perturbé les festivités pacifiques du Premier mai et a malmené et écroué plusieurs dirigeants syndicaux, dont Simangele Mmema, membre du Comité exécutif national de l’Association nationale des enseignants du Swaziland (SNAT). Elle a également confisqué du matériel photographique et effacé des photos. Les policiers étaient à l’affût de toute personne portant un t-shirt PUDEMO et a même arrêté un jeune militant parce qu’il portait un t-shirt de la centrale syndicale sud-africaine COSATU et une casquette de l’ANC (African National Congress), qu’ils ont confisqués. Les syndicats ont dénoncé publiquement cet acte de harcèlement flagrant et l’interruption de leurs festivités du Premier mai.
C’est dans ces circonstances que la police a procédé à l’arrestation de Sipho Stephen Jele, au motif qu’il portait un t-shirt à l’enseigne de PUDEMO. Après l’avoir arrêté, des policiers l’ont conduit à son domicile où, d’après sa tante, ils ont fouillé toute la maison et n’ont rien trouvé d’autre que la carte de membre PUDEMO de Jele. Celui-ci a ensuite été forcé à poser pour une photo en montrant sa carte de membre avant d’être emmené. Deux jours plus tard, le département des services correctionnels a émis une déclaration selon laquelle Sipho Stephen Jele s’était suicidé dans les toilettes d’une cellule.
D’après l’information reçue par la CSI, la police aurait exercé des pressions sur la famille de Jele pour que son inhumation ait lieu le plus rapidement possible. D’autre part, l’enquête ordonnée par le Premier ministre du Swaziland est menée par le personnel des services correctionnels de la police elle-même. À la lumière des circonstances de l’arrestation de Jele et du traitement qui lui a été infligé alors qu’il se trouvait en garde à vue, la CSI craint qu’il n’ait été tué pour son activisme.
Le roi swazi Mswati avait auparavant déclaré qu’il considérait l’ « akukhanywane », terme utilisé pour décrire l’étranglement de tout opposant à son règne, comme la stratégie la plus appropriée. En attendant, la mort de Sipho Jele constitue le 12e cas d’attaque à main armée perpétré depuis août 2003 contre des membres et des dirigeants du PUDEMO, des membres de leurs familles et des sympathisants.



La Conférence mondiale approuve la feuille de route pour intensifier l’action et éliminer les pires formes de travail des enfants d’ici à 2016

LA HAYE (Nouvelles du BIT) – Plus de 450 délégués venus de 80 pays se sont mis d’accord sur une feuille de route qui vise à «augmenter de manière substantielle» les efforts mondiaux pour éliminer les pires formes de travail des enfants d’ici à 2016.
Approuvée au terme d’une conférence de deux jours sur le travail des enfants, que le gouvernement des Pays-Bas a organisée en coopération avec l’Organisation internationale du Travail (OIT), la feuille de route appelle les gouvernements, les partenaires sociaux et les organisations de la société civile à renforcer l’accès à l’éducation, à la protection sociale et au travail décent.
«La feuille de route représente un document essentiel pour favoriser la cohérence et la convergence des politiques nationales et internationales en vue de l’objectif de 2016. Mais ne nous y trompons pas: elle ne signe pas la fin de nos efforts concertés, bien au contraire. Nous devons continuer à nous réunir et à coopérer, ne serait-ce que pour nous encourager, nous inspirer et nous soutenir mutuellement sur le chemin du progrès», a rappelé Piet Hein Donner, ministre des Affaires sociales et de l’Emploi du gouvernement des Pays-Bas.
«Les expériences et les idées débattues au cours de la Conférence ont véritablement amélioré notre prise de conscience et notre connaissance du travail des enfants, ainsi que notre engagement à le combattre. Elles montrent clairement que si nous restons figés sur nos habitudes, l’objectif d’élimination des pires formes de travail des enfants d’ici à 2016 sera tout simplement manqué. Nous disposons maintenant d’une feuille de route qui contribue à nous montrer la voie à emprunter et qui nous donne matière à alimenter les futures discussions au sein de l’OIT et ailleurs. Il nous incombe à tous de la suivre», a déclaré Kari Tapiola, Directeur exécutif du BIT.
La feuille de route invite tout particulièrement les gouvernements «à évaluer l’impact des politiques relatives aux pires formes de travail des enfants, en tenant compte du sexe et de l’âge des enfants, à mettre en place des mesures préventives assorties de délais et à mobiliser suffisamment de ressources financières pour combattre les pires formes de travail des enfants, y compris grâce à la coopération internationale».
Elle appelle également les partenaires sociaux à prendre «les mesures immédiates et efficaces qui relèvent de leur compétence afin de garantir en priorité absolue l’interdiction et l’élimination des pires formes de travail des enfants, notamment à travers des politiques et des programmes consacrés au travail des enfants».
La Conférence de La Haye s’est déroulée dans un contexte d’essoufflement de la campagne mondiale contre le travail des enfants, comme le démontre le nouveau rapport global du BIT publié la semaine dernière. Le rapport – Accélérer l’action contre le travail des enfants – montre que si la réduction du travail des enfants s’est poursuivie, son rythme s’est ralenti de manière inquiétante. Le rapport avertit que si aucune action décisive n’est prise, le rendez-vous de 2016 ne sera pas honoré.
Le nouveau rapport contraste avec les tendances positives qui figuraient dans la précédente étude réalisée en 2006 et qui avaient alors conduit l’OIT à fixer un objectif d’élimination des pires formes de travail des enfants d’ici à 2016.
La Conférence de deux jours a été l’occasion d’entendre s’exprimer de hauts responsables gouvernementaux venus de divers pays, ainsi que des représentants des organisations patronales et syndicales, des organisations internationales et des membres du monde universitaire et de la société civile.
Sa Majesté la Reine Beatrix des Pays-Bas a assisté à la session de clôture de la Conférence où elle a rencontré quelques-uns des éminents participants, ainsi qu’une ancienne victime du travail des enfants.
Les participants ont aussi eu l’occasion de discuter et de commenter un nouveau rapport inter-agences préparé par l’OIT, la Banque mondiale et l’UNICEF, intitulé «Tous unis dans la lutte contre le travail des enfants». Le rapport présente les situations et les tendances propres à chaque pays et analyse quelles sont les politiques qui offrent le plus grand potentiel pour combattre le travail des enfants en vue de l’objectif de 2016.



États-Unis : les États frappés par la crise la font payer aux pauvres

 En Martinique, depuis le mouvement de février et mars 2009, on nous rabat les oreilles en laissant entendre que la grève serait responsable de tous les maux du monde. Cependant  aux Etats-Unis dans le pays le plus riche du monde, du fait de la crise capitaliste les masses laborieuses sont confrontées quotidiennement à des licenciements et au chômage sans aucun mouvement social.
Lire le document de la presse ouvrière révolutionnaire française.

Dans le monde


Confédération Syndicale Internationale, Amériques : les attaques contre les syndicats en augmentation

Bruxelles, le 10 juin 2009 (CSI en ligne) : La situation des syndicalistes est tragique et ne s’améliore pas sur le continent américain, au contraire. Voilà en substance le constat établi par la section « Amériques » du rapport 2009 sur les violations des droits syndicaux dans le monde, publié aujourd’hui par la Confédération syndicale internationale (CSI). Une fois encore, cette partie du monde rafle le titre peu envié de continent le plus meurtrier pour les syndicalistes, notamment à cause de la Colombie où 49 travailleurs ont perdu la vie et plus de 200 ont été arrêtés en raison de leurs activités syndicales.
Assassinats, enlèvements, menaces de mort, attaques et violations de domiciles sont le quotidien de trop nombreux syndicalistes sur le continent américain. Les employeurs ont recours aux licenciements arbitraires et aux transferts de dirigeants syndicaux en représailles contre l’établissement de nouveaux syndicats. La crise économique et financière qui touche le monde de plein fouet a pu, aussi, servir d’alibi dans le cas de licenciement abusif de syndicalistes.
Le rapport de la CSI souligne que la Colombie est le pays le plus dangereux pour les syndicalistes. 60% des assassinats en raison d’activités syndicales recensés dans le monde ont lieu dans ce pays. A ces chiffres s’ajoutent vraisemblablement de nombreux cas qui n’ont pu être recensés. Les cas de violence ont augmenté de façon drastique (25% en 2008) alors que le gouvernement du président Alvaro Uribe accorde une importance particulière à la sécurité. Sur les 49 syndicalistes assassinés, 4 étaient des femmes et 16 des dirigeants syndicaux. La CSI déplore 10 assassinats de syndicalistes colombiens de plus que l’année précédente. Aux assassinats s’ajoutent les attentats, les disparitions et les menaces de mort. C’est surtout l’impunité dont jouissent les auteurs et les commanditaires de ces crimes qui est à mettre en exergue, tant les sentences et les condamnations, quand elles sont prononcées, sont inadéquates. En outre, les politiques et les lois en matière de travail continuent d’exclure plus de deux tiers des travailleurs de toute protection sociale et du travail, privant plus de 12 millions de travailleurs de leurs droits les plus fondamentaux.
Selon le rapport de la CSI, l’Amérique centrale n’a rien à envier non plus en matière de violations des droits syndicaux, particulièrement au Guatemala, où elles sont permanentes. Le Guatemala talonne la Colombie comme pays le plus dangereux pour les syndicalistes. Assassinats, actes d’intimidation, harcèlements, fusillades contre des domiciles ou incursions et attaques contre des sièges syndicaux ont eu lieu tout au long de l’année. Plus de 20 dirigeants syndicaux, de mouvements indigènes et paysans ont été assassinés, et l’impunité règne en maître. Le mouvement syndical fait l’objet d’une persécution qui rappelle les pratiques utilisées durant le conflit armé. L’année précédente, le Président Alvaro Colom s’était pourtant engagé lors de la Conférence internationale contre l’impunité à lutter contre celle-ci, véritable fléau en Amérique latine.
Au Honduras, pays normalement plus calme en termes d’assassinats, Rosa Altagracia Fuentes, secrétaire générale de la Confederación de Trabajadores de Honduras (Confédération des travailleurs du Honduras – CTH), a été brutalement assassinée, elle a reçu 16 balles dans le corps. Selon les informations de la CSI, la police gère des listes de dirigeants reconnus, notamment des indigènes, des journalistes, voire des personnalités de la communauté internationale, qui sont soumis à une surveillance permanente par les services du renseignement de l’État. Le rapport de la CSI met en exergue des cas similaires au Panama où un dirigent syndical du Sindicato Único Nacional de Trabajadores de la Industria de la Construcción y Similares (Syndicat unique national des travailleurs de l’industrie de la construction et de secteurs connexes – SUNTRACS) a été assassiné dans un contexte d’intenses et graves violations des droits des travailleurs.
L’organisation syndicale et la négociation collective sont mises à mal via une panoplie de pratiques douteuses. Il s’agit, entre autres, de la sous-traitance de main d’œuvre via une entreprise intermédiaire ou tout simplement du licenciement de dirigeants syndicaux afin de favoriser ni plus ni moins l’élimination du mouvement syndical. Il n’est pas rare que des employeurs offrent une rémunération contre la désaffiliation du syndicat. Au Nicaragua, ce sont les contrats déterminés de courte durée qui fleurissent et empêchent l’augmentation du nombre de membres des syndicats. En outre, les droits syndicaux sont inexistants dans les zones franches d’exportation (ZFE), véritables zones de non-droit.
Pour le rapport annuel de la CSI, si les employeurs bafouent sans complexe les droits des travailleurs dans un si grand nombre de cas, c’est certainement dû au manque de sanctions ou à la faiblesse de celles-ci. Alors que le Salvador a ratifié la Convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, elle n’est toujours pas appliquée. Tout comme au Costa Rica, où l’exercice des droits syndicaux est entravé de manière significative.
Le rapport de la CSI explique que, dans certains cas, le non respect de la législation peut être un outil efficace pour bafouer les droits syndicaux. Dans d’autres, c’est la législation qui est un outil pour ne pas respecter ces droits. Aux Etats-Unis, des dizaines de milliers de travailleurs sont licenciés chaque année sans tenir compte de celle-ci. En outre, le démantèlement des syndicats constitue une industrie dont le chiffre d’affaire est estimé à plusieurs milliard de dollars. Dans certaines provinces du Canada, la législation ne fournit aucune protection juridique en matière de syndicalisation de certaines catégories de travailleurs ou impose des restrictions au droit de grève.
Au Mexique, les « contrats de protection », faux accords collectifs créés par le patronat, négociés à l’insu des travailleurs et déposés auprès de la Commission fédérale de conciliation et d’arbitrage, bafouent les droits syndicaux en empêchant l’établissement de syndicat dans l’entreprise, toute négociation collective effective, ainsi que l’exercice du droit de grève. Même son de cloche au Pérou, où la tendance à la sous-traitance d’un grand nombre de services gouvernementaux s’est poursuivie, entraînant une diminution des postes de travail au sein des entreprises d’État et dans la fonction publique. Enfin, au Venezuela, le gouvernement continue ses ingérences dans les affaires des centrales syndicales.
Les Caraïbes ne dérogent pas à la règle. Alors que la loi reconnaît les droits syndicaux, on est loin d’une mise en œuvre systématique, particulièrement en ce qui concerne le droit de grève. À la Barbade, par exemple, alors que les organisations syndicales sont reconnues, il leur est pratiquement impossible de négocier une convention collective alors que les organisations syndicales implantées en Jamaïque se plaignent régulièrement des pratiques visant à les démanteler.
« Les violations des droits des syndicalistes connaissent une aggravation préoccupante sur le continent américain alors que celui-ci est mis à mal depuis de trop nombreuses années » a déclaré Guy Ryder, secrétaire général de la CSI. « Le mouvement syndical doit pouvoir exercer son rôle légitime de représentant de la classe ouvrière, particulièrement quand la planète doit faire face à une crise économique et financière mondiale. »
La CSI représente 170 millions de travailleuses et de travailleurs au travers de 312 organisations nationales de 157 pays. http://www.ituc-csi.org http://www.youtube.com/ITUCCSI
Pour de plus amples informations, veuillez contacter le Service Presse de la CSI aux numéros suivants : +32 2 224 0204 or +32 476 621 018.
themes : Amérique , Droits syndicaux



États-Unis : les États frappés par la crise la font payer aux pauvres

 En Martinique, depuis le mouvement de février et mars 2009, on nous rabat les oreilles en laissant entendre que la grève serait responsable de tous les maux du monde. Cependant  aux Etats-Unis dans le pays le plus riche du monde, du fait de la crise capitaliste les masses laborieuses sont confrontées quotidiennement à des licenciements et au chômage sans aucun mouvement social.
Lire le document extrait de la presse ouvrière révolutionnaire française.

Dans le monde


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Election de Barack OBAMA à la présidence des USA

Patientez pendant le téléchargement

Position de la CGTM présentée par G JOACHIM-ARNAUD, à propos de l'élection de Barack OBAMA.










Les dates clés du syndicalisme international

Liste à puces
  • 1864 - Création à Londres de la 1° Internationale : l’Association internationale des travailleurs AIT (disparaît en 1876)
  • 1889 - Naissance à Londres de la 2° Internationale ouvrière socialiste IS. A l’origine l’IS a une dimension syndicale et politique. Les syndicats sont appelés à s’unir dans les Secrétariats professionnels internationaux (SPI).
     Création du 1° mai
    Création de l’Internationale syndicale des typographes – des syndicats CGT y participent activement
  • 1890 - Création de la Fédération internationale des mineurs – des syndicats CGT y participent activement
  • 1901 - Création à Dublin du Secrétariat syndical international SSI auquel la CGT adhérera plus tard
  • 1910 - Conférence des Femmes socialistes. Adoption du 8 mars comme Journée internationale de lutte des femmes
  • 1913 - Conférence internationale de Zurich : transforme le SSI en Fédération syndicale internationale FSI. La CGT y adhère
  • 1919 - Création à Moscou de la 3° internationale (communiste) qui est une internationale politique. Dissoute entre 1943 et 1947, elle disparaîtra définitivement en 1956
    Reconstitution de la FSI
  • 1920 - Création de la Confédération internationale des syndicats chrétiens CISC.
    Adhérent français CFTC
  • 1921 - Création à Moscou de l’Internationale syndicale rouge (ISR) - suite à la création de la 3° Internationale en 1919 - à laquelle pour la France adhère la CGTU. L’ISR cessera ses activités en 1937.
  • 1945 - La Fédération syndicale mondiale, FSM, est créée à Paris, en prolongement de la FSI et regroupe, dans une démarche unitaire, les syndicats autrefois affiliés à la FSI et les indépendants à l’exception des adhérents de la CISC. Les SPI restent en dehors de la FSM. La CGT fait partie des organisations fondatrices

  • 1948 - Scission au sein de la FSM
  • 1949 - Création de la Confédération internationale des syndicats libres, CISL. Adhérent français : Force ouvrière
  • 1968 - La CISC devient Confédération mondiale du travail CMT
  • 1973 - Création de la Confédération européenne des syndicats, CES. Adhérents français : FO puis CFDT (en 1974) et CFTC (en 1990).
  • 1979 - Départ de la CFDT de la CMT
  • 1989 - Adhésion de la CFDT à la CISL
  • 1995 - Départ de la CGT de la FSM. 
  • 1999 - Adhésion de la CGT et de l’UNSA à la CES
  • 2000 - Congrès de la CISL à Durban : débat du Millénaire ; début des discussions entre la CISL et la CMT
  • 2003 - Congrès de la CES à Prague – l’intervention de Guy Ryder, secrétaire général de la CISL devant le congrès est l’occasion du lancement du processus
  • 2004 - Le processus est lancé avec les organisations syndicales sans affiliation internationale









 



Le BIT annonce que la crise financière mondiale pourrait entraîner la perte de 20 millions d’emplois

GENÈVE (Nouvelles du BIT) – La crise financière mondiale pourrait voir quelque 20 millions d’hommes et de femmes venir grossir les rangs du chômage mondial, a déclaré aujourd’hui le Directeur général du BIT. «Nous avons besoin d’une action rapide et coordonnée des gouvernements pour éviter une crise sociale qui risque d’être sévère, durable et mondiale», a-t-il ajouté.

En se fondant sur les estimations révisées de la croissance mondiale fournies par le Fonds monétaire international (FMI)(Note 1), les Nations Unies et des rapports précoces évoquant des suppressions d’emplois en hausse dans la plupart des pays pour lesquels des données sont disponibles, le Directeur général du BIT Juan Somavia a déclaré que, selon les estimations préliminaires du BIT, «le nombre des chômeurs pourrait passer de 190 millions en 2007 à 210 millions fin 2009».

M. Somavia a ajouté que «le nombre de travailleurs pauvres vivant avec moins d’un dollar par jour pourrait augmenter de 40 millions – et celui des personnes disposant de deux dollars par jour de 100 millions».
M. Somavia a également précisé que la crise actuelle frapperait plus durement certains secteurs tels que la construction, l’automobile, le tourisme, la finance, les services et l’immobilier. Il a également noté que les nouvelles projections «pourraient se révéler sous-estimées si l’on n’affronte pas rapidement les effets du ralentissement économique actuel et la récession qui menace».
«La crise ne sévit pas seulement à Wall Street, mais partout dans le monde. Nous avons besoin d’un plan de sauvetage économique pour les familles laborieuses et l’économie réelle, avec des règles et des politiques qui fournissent des emplois décents. Nous devons mieux assurer le lien entre productivité et salaires et entre croissance et emploi», a affirmé M. Somavia.
«La protection et la promotion des entreprises durables et des offres d’emplois décents doivent être au cœur du Sommet sur la crise financière, récemment annoncé par les Présidents Bush et Sarkozy».
«Nous devons revenir à la fonction première de la finance qui est de promouvoir l’économie réelle. De prêter de manière à ce que les entrepreneurs puissent investir, innover, créer des emplois et produire des biens et des services.»
M. Somavia a fait part de ses inquiétudes quant à la restauration des flux de crédit; au maintien et au renforcement de la protection sociale (pensions, indemnités chômage, allocations familiales et mécanismes de soins de santé); à l’accès garanti des entreprises au crédit pour éviter les licenciements, les réductions de salaire, la banqueroute et pour permettre la reprise, le respect des droits des travailleurs et l’approfondissement du dialogue social afin de gérer les conséquences de la crise pour les entreprises; au maintien des flux d’aide publique au développement; à la restauration d’un régime de régulation de la finance mondiale; et au passage rapide de la reprise au développement durable grâce à l’investissement et à la croissance.
«Nous sommes très favorables aux appels actuels en faveur d’une meilleure régulation financière et d’un système de surveillance global de contrôles et de garde-fou, mais nous devons nous projeter au-delà du système financier.»

«Bien avant que n’éclate la crise financière actuelle, nous étions déjà en crise, avec une pauvreté massive à l’échelle mondiale et des inégalités sociales croissantes, une informalité et un travail précaire en plein essor – un processus de mondialisation qui a généré de nombreux bénéfices mais qui est aujourd’hui déséquilibré, injuste et précaire», précise-t-il. «Nous devons rétablir l’équilibre et nous concentrer sur le sauvetage des personnes et de la production. Il s’agit de sauver l’économie réelle.»
Si nous voulons préserver la bonne marche des économies et des sociétés ouvertes, nous devons commencer à travailler ensemble au sein des organisations internationales concernées afin de développer un nouveau cadre multilatéral au service d’une mondialisation juste et durable. Les négociations commerciales sont reportées, les marchés financiers sur la brèche et le changement climatique se poursuit; toute reconstruction devra trouver des méthodes pour intégrer les politiques financière et économique, sociale et environnementale dans une approche commune du développement durable.

Le temps est venu de penser et d’agir courageusement et de manière innovante afin de relever les vastes défis qui nous attendent, particulièrement pour les Nations Unies, a indiqué M. Somavia, se référant à la réunion du Conseil des chefs de secrétariat (CCS) des organismes des Nations Unies prévue le week-end prochain et présidée par le Secrétaire général Ban Ki-Moon.


Note 1 – Les Perspectives de l’économie mondiale, publiées par le FMI le 8 octobre, prévoyaient 3,2 pour cent de croissance mondiale pour 2009, en baisse par rapport à la prévision originale de 4,6 pour cent pour 2008. En 2006 et 2007, les prévisions étaient respectivement de 5,5 et 5,6 pour cent.
 


L'Union Générale des Travailleurs de la Guadeloupe.

L’UGTG a tenu son Congrès constitutif le Dimanche 2 décembre 1973 à Baie-Mahault en Guadeloupe. Rassemblement de: UTA (Union des Travailleurs Agricoles) et de UPG (Union des Paysans Pauvres de la Guadeloupe), cette Centrale se déclare pour l’organisation des ouvriers, des employés de tous les secteurs, des petits fonctionnaires et pour l’organisation d’une véritable centrale de lutte de classe.

La Confédération Syndicale Internationale.

La CSI est issue du rapprochement mené depuis les années 2000 entre la Confédération internationale des syndicats libres et la Confédération mondiale du travailet un "groupe de contact" d'organisations non affiliées rassemblant entre autres CGT française, et maintient des liens étroits avec la Confédération européenne des Syndicats.
À sa création, la Confédération syndicale internationale regroupe 306 organisations syndicales actives dans 154 pays et représentant plus de 168 millions de travailleurs.
La CSI déclare en préambule vouloir:  « L’amélioration des conditions de travail et de vie des travailleuses et des travailleurs et de leur famille, et la lutte pour les droits humains, la justice sociale, l’égalité de genre, la paix, la liberté et la démocratie, ont été le rôle historique du syndicalisme et restent sa mission ».




Confédération Européenne des Syndicats
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La Confédération européenne des syndicats (CES), regroupe la plupart des organisations syndicales européennes pour leur permettre de mener ensemble des actions de lobbying auprès des institutions de l'Union Européenne.
La CES regroupe 81 organisations membres de 36 pays européens, ainsi que 12 fédérations syndicales européennes, ainsi que des organisations ayant un statut d’observateur en Macédoine et en Serbie.
Les organisations syndicales affiliées à la CES conservent leurs propres procédures de prise de décision.
La CES est reconnue par l'Union européenne, par le Conseil de l'Europe et par l'Association européenne de libre échange comme la seule organisation syndicale intersectorielle représentative au niveau européen.


L’Organisation internationale du Travail.
 
L’Organisation internationale du Travail a été créée en 1919, lors de la résolution du premier conflit mondial par le traité de Versailles. L’Organisation, parmi les institutions de la Société des Nations, est la seule qui survit à la seconde guerre mondiale. L’OIT devient une institution spécialisée de l'ONU en 1946. Elle compte actuellement 188 États Membres. Dotée d’une structure «tripartite» unique, elle réunit sur un pied d’égalité les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs pour débattre des questions relatives au travail et à la politique sociale. Le secrétariat de l’Organisation, le Bureau international du Travail (BIT), a son siège à Genève en Suisse et gère des bureaux extérieurs dans plus de 40 pays.


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