11 janvier 2012 : La CSI a écrit au Premier ministre grec Loukas Papademos pour protester contre le procès de syndicalistes du syndicat des travailleurs de l’électricité, dont son président Nikos Photopoulos. Ce dernier ainsi que plusieurs autres membres du syndicat ont été mis en accusation après avoir occupé la centrale informatique de la compagnie d’électricité pour protester contre la décision du gouvernement d’imposer de lourds et injustes impôts fonciers par le biais des factures d’électricité. Selon la confédération grecque affiliée à la CSI, la GSEE, « nous constatons que l’audience se tient à un moment où la compagnie nationale d’électricité de Grèce DEH a annoncé, sans pitié et sans égard pour l’adversité à laquelle font face les familles grecques, de nouvelles augmentations de 15 à 20% du prix de l’électricité à partir de janvier 2012 afin de compenser son utilisation du lignite polluant. Nous observons, en outre, que cette audience précède de quelques jours la nouvelle visite de l’équipe de la « troïka » en Grèce renouvelant ses exigences démesurées d’abolition du système des conventions collectives de travail au niveau national et du salaire minimum, de nouvelles réductions des salaires et des pensions, de licenciements massifs immédiats dans le secteur public et de la réduction des cotisations de sécurité sociale patronales ». « Nous exhortons le gouvernement grec à abandonner les poursuites engagées contre les membres syndicaux et à s’abstenir de pénaliser l’action syndicale, et manifestons notre soutien au refus de la GSEE d’accepter des baisses des revenus imposées unilatéralement, notamment du salaire minimum. Une plus grande austérité causera des difficultés inacceptables et risque de précipiter le pays dans une spirale économique, qui aura besoin de plusieurs générations pour s’en remettre », a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.
Honduras : assassinats de journalistes
8 décembre 2011 : La CSI et ses affiliées honduriennes, la CUTH, la CTH et la CGT, condamnent fermement l’assassinat de la journaliste renommée Luz Marina Paz Villalobos et de son caméraman Delmer Canales. Les corps des deux victimes ont été retrouvées criblées de balles. Les assassins, des sicaires, se déplaçaient à moto. Mme Paz Villalobos travaillait pour le programme Tres de Noticia de la chaîne Radio Globo, connue pour ses critiques virulentes et persistantes à l’égard des événements qui ont fait suite au coup d’État de juin 2009. Depuis environ six mois, elle transmettait sur les ondes de la chaîne de radio Cadena Hondureña de Noticias (CHN). « Le meurtre de Luz Marina Paz Villalobos porte à seize le nombre de journalistes assassinés depuis le coup d’état de 2009 », déplore Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI. « Ces assassinats sont totalement inacceptables vu le rôle fondamental que jouent les journalistes dans la démocratie. » D’après les informations reçues par la CSI, les assassinats de journalistes auraient, selon toute vraisemblance, pour objectif de museler les milieux de presse qui enquêtent sur la corruption au sein de la police et des forces armées honduriennes. La CSI souligne, cependant, que quand bien même les médias déplorent aujourd’hui l’assassinat de Luz Marina Paz, leurs propriétaires ne respectent pas le droit des journalistes honduriens à s’organiser au sein d’un syndicat. La chaîne Canal 10 a, notamment, licencié en masse l’ensemble du comité exécutif du syndicat qui venait d’être constitué. La CSI a écrit aux autorités honduriennes pour leur demander que soit mis fin aux actes de répression et au non-respect de la liberté d’expression et de la liberté syndicale ; elle a appelé instamment le gouvernement hondurien à ouvrir une enquête immédiate et exhaustive sur l’assassinat de Luz Marina Paz Villalobos et à punir les auteurs de ce crime odieux avec toute la force de la loi. Communiqué de la CSI
A SAD LOVE SONG : le CD de la solidarité Paroles & Musique de MUMIA ABU-JAMAL
LA SAGA D'UNE CHANSON ... Il faut considérer ce que représente une pareille composition. Mumia ne connaissait pas le solfège et son initiation s'est faite grâce à un professeur qui vient lui rendre visite, à travers la vitre en triple verre sécurit, sans instrument et sans partition ... La suite fut l'affaire du pianiste et compositeur français Alain Jean-Marie qui s'acquitta de l'orchestration, en compagnie de la chanteuse Morena Fattorini et de quatre autres musiciens. Tous acceptèrent d'abandonner leurs droits au profit de la défense. Mumia a dédié cette ballade à son épouse Wadiya, mais au-delà elle s'adresse à tous ceux et toutes celles qui luttent pour un monde sans peine de mort, sans prison, un monde de justice, d'amour et de beauté. Un grand merci à Jacques Lederer, une des chevilles ouvrières du Collectif français de soutien à Mumia, sans qui ce beau projet - né de sa rencontre avec Mumia dans le couloir de la mort en 2009 - ne serait pas devenu réalité. Ecoutez des extraits de la chanson en cliquant sur ce lien : http://www.franceculture.com/emission-le-choix-de-la-redaction-a-sad-love-song-30-ans-de-prison-pour-mumia-abu-jamal-2011-10-05.h Il s'agit d'une émission récente de FRANCE-CULTURE consacrée à la sortie du CD. Vous pouvez acheter le CD (5€ l'exemplaire + frais d'envoi) Le Collectif Unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal, www.mumiabujamal.com
Guatemala : Nouvel assassinat d’un membre du syndicat SITRABI
13 octobre 2011 : La CSI et ses affiliées guatémaltèques CUSG, CGTG et UNSITRAGUA condamnent l’assassinat d’Henry Anibal Marroquin Orellana, membre du Sindicato de Trabajadores Bananeros d’Izabal (SITRABI), le 24 septembre, dans le municipe de Los Amates, Département d’Izabal. Ce meurtre vient s’ajouter à la longue liste d’assassinats de dirigeants et de membres d’organisations syndicales et plonge à nouveau dans le deuil le mouvement syndical guatémaltèque et le syndicat SITRABI, laissant encore une famille dans la douleur et la tristesse la plus absolue face à la perte d’un être cher. « Une fois encore, un membre de la famille syndicale guatémaltèque perd la vie pour ses activités syndicales alors que les coupables, eux, ne seront plus que probablement jamais traduits en justice », a affirmé Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI. « L’impunité, ça suffit ! » L’impunité ne peut plus continuer à faire le jeu de ceux qui ont recours à elle ! Les autorités du Guatemala qui, à l’occasion de la 2e Conférence de la CSI contre l’impunité, se sont engagées à prendre toutes mesures utiles pour mettre un terme à la violence contre les syndicalistes, se doivent d’assumer leurs engagements et leurs responsabilités », a une fois de plus souligné Sharan Burrow. Dans une lettre adressée au président Colom, la CSI demande instamment au gouvernement du Guatemala et, plus particulièrement, au procureur général du Ministère public, de prendre les dispositions qui s’imposent afin de garantir le droit à la vie et le respect des conventions fondamentales de l’OIT et de mettre fin au règne de l’impunité en consolidant l’État de droit.
15-10-2011
CGT: Nous ne voulons pas payer leur crise ! Tous dans la rue mardi 11 octobre !
Appel à la grève: Nous ne voulons pas payer leur crise ! Mardi 11 octobre, tous dans la rue ! La crise c’est eux. La solution, c’est nous ! Ensemble, défendons notre protection sociale Tous en grève et en manifestations
15 septembre 2011 : La CSI a prié le président du Guatemala, Alvaro Colom, de lancer immédiatement une enquête complète sur l’assassinat de Byron Arrega, dirigeant du syndicat des employés administratifs du bureau du cadastre de Quetzaltenango. Il a été tué le matin du 13 septembre alors qu’il rentrait dans sa voiture. Le syndicat menait une campagne afin de contraindre le directeur du bureau de démissionner parce qu’il se rendait complice d’infractions des droits des travailleurs. « Cette perte tragique de Byron Arrega, qui vient s’ajouter aux autres meurtres atroces de syndicalistes guatémaltèques, ne doit pas rester impunie. Il faut que les autorités trouvent et poursuivent les responsables, et protègent les syndicalistes et les autres personnes qui risquent leur vie pour défendre les droits humains fondamentaux », a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.
Conditions de travail en Inde : les ouvriers du textile relèvent la tête. Jihane Habach
À Bangalore, « Silicon Valley » indienne, près de 500.000 personnes travaillent dans des usines de confection, essentiellement tournées vers l’exportation. Les déplorables conditions de travail continuent de peser sur la vie de ces travailleurs, majoritairement des femmes. Dans l’État du Karnataka, Jihane Habachi de l’ONG Frères des Hommes, a rencontré les syndicats qui tentent de les soutenir dans leurs luttes. Laver, couper, repasser, teindre, étiqueter et surtout coudre... Toutes ces tâches représentent le quotidien des petites mains d’une industrie qui joue un rôle-clé dans l’économie indienne. C’est aujourd’hui en Asie qu’est produite la majorité des vêtements vendus sur le marché mondial. En Inde, l’industrie textile représente 14% de la production industrielle et plus de 30% des exportations. Plus de 35 millions d’employés travaillent dans ce secteur, dont beaucoup de femmes et de membres des castes les plus basses. Dans le sud de l’Inde, à Bangalore – plus connue pour ses performances dans les nouvelles technologies – 500.000 personnes travaillent dans le secteur textile, pour 12.000 usines. Les femmes représentent plus de 80% de la force de travail. Mais ces travailleurs ne bénéficient que très peu des revenus que leur travail génère. Et la bataille pour leurs droits est difficile. Moins de 5% des travailleurs de ce secteur sont syndiqués [1]. Près de 45.000 syndicats sont officiellement enregistrés, en plus des 13 syndicats « centraux » nationaux quasiment tous liés à un parti politique. Mais très peu se sont intéressés au secteur textile : « La plupart des syndicats pensent qu’il est bien trop difficile d’organiser ce secteur et préfèrent se concentrer sur d’autres », explique Sebastian Devaraj, président de Karnataka Garment Workers Union (KGWU). Créé en juillet 2009, sous l’impulsion de l’ONG Fedina (Foundation for Educational Innovations in Asia), ce syndicat des travailleurs de la confection de l’État du Karnataka, situé au sud du pays, se bat pour obtenir des conditions de travail plus justes. Un droit du travail systématiquement bafoué S’organiser n’a pas été facile. « Au départ, les ouvriers ont peur, même seulement de prendre un tract distribué par les membres du syndicat », explique Sebastian Devaraj. « Les employeurs disent aux ouvriers que dès que les syndicats entrent dans une usine, cette dernière devra fermer. La menace de la perte de leur emploi est très forte. La peur les domine et les empêche de demander leurs droits. » La grande majorité des travailleurs ne connaît pas les lois du travail en vigueur. Temps de travail, jour de repos hebdomadaire, congés, maladie… Les lois indiennes couvrent tous les aspects de la protection des travailleurs, du moins en théorie. « Les lois du travail en Inde sont assez remarquables, mais leur mise en place est quasi inexistante. » analyse Shivaraj Kerudi, avocat, qui apporte son soutien aux syndicats, notamment KGWU. Les syndicats demandent à ce que les lois — définies par les États ou dans par la Constitution indienne — soient vraiment appliquées. Mais « les autorités sont "flexibles", car il en va de la croissance économique et du développement du pays, » selon elles. Les inspections d’usines, bien qu’obligatoires selon la loi, sont rarement effectuées au Karnataka, sauf en cas de plainte. Or les ouvriers ont souvent trop peur pour porter plainte. Les usines continuent donc, en toute impunité, à violer les lois du travail en vigueur et à imposer des conditions de travail proches de l’esclavage. Travailler plus pour… travailler plus Le syndicat se bat sur tous les fronts : salaires trop bas, heures supplémentaires non rémunérées, absence de congés, pressions, harcèlement moral et sexuel… KGWU est notamment actif depuis quelques semaines sur le projet de loi de l’État du Karnataka qui vise à faire passer le temps de travail réglementaire de 8 à 10 heures par jour, sans augmentation de salaires. Une loi par encore adoptée, et pourtant déjà appliquée dans de nombreuses usines, où les ouvriers travaillent plus de 60 heures par semaine, pour environ 100 euros par mois. C’est le cas de Suma, 36 ans, couturière dans une grande usine de Bangalore, qui a pu obtenir ce salaire grâce au soutien de KGWU, dont elle est Secrétaire générale depuis deux ans. Son quotidien est loin d’être facile. Levée à 6h du matin, elle s’attèle aux tâches ménagères et prépare ses enfants pour l’école. À 8h, direction l’usine, où elle arrive une heure plus tard. À son arrivée, c’est la prière traditionnelle, avant de nettoyer sa machine et son espace de travail. Et ensuite, des heures et des heures de couture, sans relâche, pour remplir des objectifs complètement irréalistes, destinés à contraindre les travailleurs à des heures supplémentaires non rémunérées. Les pauses sont très limitées : 15 minutes pour le déjeuner, et une visite aux toilettes – près desquelles sont postés des agents de sécurité qui n’hésitent pas à hurler sur ceux qui ne seraient pas assez rapides. « Faire sortir les travailleurs de leur état de désespoir » Chaque minute compte quand il s’agit de réaliser le nombre de pièces fixé. La fin de journée, censée être autour de 17h, se situe plutôt entre 18h et 19h. Avec une réunion destinée à des brimades concernant la qualité et le nombre des pièces produites. Rentrée autour de 20h chez elle, Suma se consacre à nouveau aux tâches domestiques. Jusqu’à l’heure du coucher, vers 23h. Un quotidien partagé par de nombreuses travailleuses. Ont-elles un peu de temps pour elles ? « On regarde la télé pendant qu’on s’occupe des tâches ménagères », répondent-elles. À cause d’une commande destinée à l’exportation, pour la marque de vêtements Tommy Hilfiger, Suma a vécu ce rythme effréné en continu, 7 jours sur 7, pendant tout le mois de juin. Et les jours de repos ? « On en récupérera peut-être la moitié. » Ce que ces travailleuses espèrent : que le dimanche soit et reste un jour de repos, que leurs salaires augmentent. Mais surtout, « du respect ! ». Que les choses changent, « pour que nos enfants aient de meilleures vies que les nôtres ». Le chemin est encore long avant que ces travailleurs — et surtout travailleuses — du textile obtiennent de meilleures salaires et conditions de travail. Mais KGWU y travaille chaque jour, en organisant des réunions, des formations, du théâtre de rue ou encore des rassemblements devant les usines. « Notre première victoire est de les faire sortir de l’état de frustration et de désespoir dans lequel ils sont depuis si longtemps, » estime Sebastian Devaraj. Pour le reste, il faut continuer la lutte.
Colombie : la CSI dénonce deux autres assassinats d’enseignants
27 juin 2011 : La CSI, consternée, dénonce une fois de plus les assassinats d’éducateurs syndicalistes en Colombie. Dionis Alfredo Sierra Vergara a été assassiné le 15 mai et Alejandro José Peñata López le 20 juin. Tous deux étaient membres de l’Asociación de Maestros de Córdoba – ADEMACOR, affiliée à la Central Unitaria de Trabajadores – CUT. Dionis Alfredo Sierra Vergara était enseignant à l’école primaire. Selon des témoins qui se trouvaient sur place, il a reçu un appel sur son téléphone portable, est sorti pour y répondre et c’est à ce moment que deux inconnus lui ont tiré dessus par trois fois ; il est décédé sur le coup. Dionis Alfredo Sierra Vergara célébrait, avec d’autres éducateurs, la journée des enseignants ainsi que l’anniversaire d’un collègue de travail. Alejandro José Peñata a disparu au moment où il quittait l’établissement au sein duquel il était coordinateur. Des membres de sa famille et des amis se sont mis à sa recherche et l’ont retrouvé dans une ferme vers 18h30. Son corps portait des marques de torture et il avait été pendu par un fil barbelé. Sur place, ils ont également retrouvé sa moto et ses papiers, signe qu’il ne s’agissait absolument pas d’un vol. La CSI dénonce la persécution constante et la violence que subissent les enseignants en Colombie. Rien que pour le département de Córdoba, ce nouvel homicide inclus, on dénombre déjà 20 enseignants assassinés depuis décembre 2008. Ces meurtres sont accomplis dans la plus parfaite impunité entraînant une inquiétante crise humanitaire dans le secteur de l’éducation et mettant en danger l’exercice de la profession d’enseignant et les activités syndicales. Ils sont en outre en contradiction la plus totale avec les annonces du gouvernement colombien lors de réunions internationales à propos d’améliorations de la situation des droits humains dans le pays. Dans une lettre adressée au président Santos, la CSI intime les autorités compétentes à mener au plus vite des enquêtes sur ces crimes pour démasquer les coupables et les punir. “Il est essentiel et urgent de briser ce cercle vicieux de violence et d’impunité en Colombie. Nous voulons voir les améliorations des droits humains tant annoncées par le gouvernement”, a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.
El Salvador : une grève à l’origine de l’incarcération du secrétaire général du SELSA
14 juin 2011 : La CSI a dénoncé avec ferveur l’emprisonnement illégal d’Atilio Jaimes Pérez, secrétaire général du Sindicato de Empresa LIDO S.A. (SELSA) et dirigeant de la Confederación Sindical de Trabajadores y Trabajadoras de El Salvador (CSTS). Selon les informations qui sont parvenues à la CSI, le 8 juin, alors que des salariés de la société LIDO exerçaient de façon pacifique leur droit de grève à l’usine du Boulevard del Ejército, le directeur de l’entreprise, Heriberto Pacas, a erronément accusé Atilio Jaimes Pérez de l’avoir menacé de mort. La police nationale a immédiatement procédé à l’arrestation du secrétaire général. Par la suite, la société LIDO a proposé de retirer sa plainte en échange de la fin de la grève, ce qui n’est autre qu’un acte de chantage. Les manœuvres de la société pour s’opposer à une grève menée dans la plus grande légalité ont abouti au confinement du dirigeant syndical à la prison de la police nationale de San Bartolo dans de terribles conditions d’insalubrité. Dans une lettre adressée aux autorités salvadoriennes , la CSI demande au président Mauricio Funes qu’il prenne les mesures nécessaires pour faire immédiatement libérer Atilio Jaimes Pérez, le secrétaire général du SELSA, et pour que le ministère du Travail agisse en tant que médiateur dans ce conflit qui dégénère de façon inquiétante alors que les travailleuses et les travailleurs ont eu recours à tous les moyens légaux à leur disposition pour exercer leur droit de grève. « Ces faits sont inacceptables, s’est indignée Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI. Le droit de grève est un droit inaliénable et indispensable pour la démocratie. L’arrestation illégale d’un dirigeant syndical constitue une attaque à l’état de droit et reflète le manque de respect des conventions fondamentales de l’OIT que le Salvador a ratifiées. »
Extrait du rapport 2011 de la CSI sur les violations des droits syndicaux : Région des Amériques.
La situation des syndicalistes est loin de s’améliorer et l’impunité est toujours d’actualité pour les responsables des violations des droits syndicaux. Le continent américain est toujours le plus dangereux pour les syndicalistes, notamment en Colombie où 49 d’entre eux ont perdu la vie en 2010. Les pratiques antisyndicales se normalisent, notamment en raison de la faible protection des droits syndicaux par les gouvernements et les tribunaux. Les attitudes visant à contourner les droits syndicaux se développent : solidarisme (établissements d’associations dépendantes de la direction) au Salvador, en Équateur ou au Costa Rica ; contrats de protection (faux accords collectifs créés par le patronat) au Mexique ; ou encore le recours à la main-d’œuvre temporaire en Colombie ou au Honduras. Les tactiques utilisées par les employeurs pour réprimer les activités syndicales, telles que la création de syndicats, la négociation collective ou le recours à la grève, sont multiples : licenciements arbitraires, discrimination et campagnes antisyndicales. Au Venezuela, de nombreux travailleurs ont perdu leur emploi pour avoir participé à des activités syndicales. La négociation collective, en raison de l’absence de mesures législatives contraignantes, est quasiment inexistante dans de nombreux pays. Depuis des années, le continent américain est réputé pour sa dangerosité en qui concerne l’exercice des droits syndicaux. Si les assassinats y sont légion, principalement en Colombie, au Guatemala (10), au Panama (6), au Brésil (3) et au Honduras (3), il y a eu également un nombre impressionnant d’enlèvements (plus d’une centaine), de menaces de mort, d’attaques et de violations de domicile. Plus d’un millier de travailleurs ont été agressés lors de manifestations et environ 300 licenciés. En Colombie, 20 cas d’attentats ou de tentatives de meurtre ont été recensés, en particulier contre des adhérents des syndicats du secteur minier. Même si la crise économique et financière a eu, en Amérique latine, de profondes répercussions sur l’économie, le rapport dénonce l’attitude de nombreux gouvernements qui utilisent le prétexte de la crise pour saper les droits syndicaux et les droits des travailleurs. Plus de 55% des assassinats en raison de l’exercice d’activités syndicales dans le monde ont lieu en Colombie, le pays le plus dangereux au monde pour les syndicalistes. Malgré le vote de nouvelles lois visant à renforcer la protection contre la discrimination antisyndicale et l’ingérence dans les affaires syndicales, la situation ne s’est pas améliorée, bien au contraire. L’impunité dont jouissent les auteurs et les commanditaires de ces violations rend les persécutions systématiques et empêche l’éradication du climat antisyndical. L’Amérique centrale n’est pas en reste : au Panama, plus de 700 personnes ont été blessées, une centaine arrêtées et 6 tuées lors de la répression brutale des manifestations contre la loi Chorizo. Le Guatemala est en passe de rattraper la Colombie en termes de dangerosité. Outre la culture antisyndicale développée par les employeurs et tolérée par les autorités, on peut parler pratiquement de chasse à l’homme pour les syndicalistes. Assassinats, menaces de mort et détentions sont devenus monnaie courante. Les organisations syndicales sont systématiquement victimes de campagnes de dénigrement et d’exclusion des espaces du dialogue social. Au Honduras, les tensions n’ont jamais été aussi vives depuis le coup d’État de 2009. La violence et le climat antisyndical se sont installés. Les menaces et les attentats contre des membres du Front de résistance, dont des dirigeants d’organisations syndicales et de mouvements populaires, ont été fréquents et trois syndicalistes ont été assassinés. Au Bélize, au Costa Rica, au Honduras ou au Salvador, il est rare que les droits syndicaux soient respectés ou même octroyés au sein des zones franches d’exportation et les gouvernements de ces pays ne font rien pour garantir leur application. La sous-traitance et l’externalisation à des sociétés tierces demeurent une entrave majeure à la syndicalisation et à la négociation collective. Au rayon des notes positives, malgré la position antisyndicale de la compagnie DHL dans la région, le Sindicato de Empleados de Líneas Aéras de Panamá (SIELAS) a réussi à négocier une convention collective au nom du personnel. Le rapport 2011 de la CSI insiste sur le fait que la tendance en Amérique est clairement à l’opposition à la syndicalisation. Aux États-Unis, il est légal pour les employeurs de faire des campagnes de dissuasion et d’intimidation qui empêchent les travailleurs d’exercer pleinement leurs droits syndicaux. Fin 2010, la loi sur le libre choix de l’employé (Free Choice Act) a été quasiment enterrée avec la victoire des républicains au sein de la Chambre des représentants. Au Canada, les syndicats ont introduit des plaintes à l’OIT suite au refus des gouvernements fédéral et provinciaux de modifier leur législation pour y inclure la notion de négociation collective. Tant aux États-Unis qu’au Canada, le recours aux briseurs de grève reste une pratique largement étendue. « Le continent américain est le plus dangereux au monde pour les syndicalistes. Il est temps que ça change. La démocratie passe par le respect des droits syndicaux. Le syndicalisme est un contre-pouvoir légitime et nécessaire pour l’exercice de celle-ci » a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.
Panama : Trente-trois syndicalistes licenciés pour avoir formé un syndicat
20 mai 2011 : Trente-trois employés de la firme Panama Gaming & Services de Panama S.A. y/o CIRSA Panama S.A. ont été licenciés pour avoir tenté de mettre sur pied un syndicat. D’après les informations reçues par la CSI, les 33 salariés ont présenté un dossier au ministère du Travail et du Développement de la main-d’œuvre en vue de la constitution d’un syndicat, conformément à l’article 385 du Code du travail. Cette demande a été rejetée par le ministère le 10 mai. Quelques jours avant la réponse négative du ministère, l’entreprise avait déjà procédé au licenciement des 33 travailleurs. Pour la CSI et ses organisations affiliées panaméennes CTRP, CGTP et CS, ces licenciements constituent une violation flagrante des droits des travailleurs et, en particulier, de la Convention nº 87 de l’OIT relative à la liberté syndicale et la protection du droit d’organisation, ratifiée par le Panama. la CSI s’est jointe à son organisation régionale pour les Amériques pour condamner avec force cet acte antisyndical flagrant et demande instamment au gouvernement panaméen de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir le droit de liberté syndicale au Panama..
Nouveau rapport global du BIT sur l’égalité au travail
Dans son nouveau rapport global sur l’égalité au travail 2011, le Bureau international du Travail (BIT) relève qu’en dépit des progrès continuels de la législation antidiscriminatoire la crise économique et sociale mondiale a accru les risques de discrimination à l’encontre de certaines catégories de personnes, comme la main-d’œuvre immigrée. «Les périodes de difficultés économiques constituent un terrain propice à l’éclosion de discriminations au travail et, plus généralement, au sein même de la société. On le constate avec la montée des solutions populistes», constate le Directeur général du BIT, Juan Somavia, ajoutant : «cela pourrait mettre en péril les acquis difficilement obtenus sur plusieurs décennies». Le rapport, intitulé L’égalité au travail: un objectif qui reste à atteindre, cite les organismes de promotion de l’égalité qui reçoivent un nombre croissant de plaintes, témoignant que la discrimination au travail s’est diversifiée et que la discrimination à raison de multiples critères devient la règle plutôt que l’exception. Il tire aussi la sonnette d’alarme sur la tendance qui veut que, pendant les ralentissements économiques, l’on donne moins la priorité aux politiques antidiscriminatoires et aux droits des travailleurs dans la pratique. «Les mesures d’austérité et les coupes budgétaires dans les administrations du travail et les services d’inspection et dans les fonds mis à la disposition des organismes spécialisés dans la non-discrimination et l’égalité pourraient gravement compromettre l’aptitude des institutions existantes à empêcher la crise économique de générer davantage de discriminations et d’inégalités», précise le rapport. Selon le rapport, le manque de données fiables dans ce contexte rend difficile l’évaluation de l’impact exact de ces mesures. Il appelle donc les gouvernements à mettre en place des ressources humaines, techniques et financières pour améliorer le recueil de données sur les discriminations au niveau national. Types de discriminations
Le rapport note également que de nouvelles formes de discrimination au travail émergent alors que les anciens problèmes ne sont au mieux que partiellement résolus. Voici les principaux enseignements du rapport: · Des progrès significatifs ont été accomplis ces dernières décennies pour faire progresser l’égalité entre hommes et femmes dans le monde du travail. Cependant, les disparités de rémunération entre les sexes demeurent, les salaires des femmes représentant en moyenne 70 à 90 pour cent de celui des hommes. Si des accords sur la flexibilité des horaires de travail sont progressivement introduits comme participant à des politiques plus favorables à la famille, la discrimination liée à la grossesse et à la maternité reste courante. · Le harcèlement sexuel est un grave problème sur les lieux de travail. Les femmes jeunes, financièrement dépendantes, célibataires ou divorcées, et les travailleuses immigrées sont les plus vulnérables, alors que les hommes qui subissent le harcèlement ont tendance à être jeunes, homosexuels ou à appartenir à des minorités ethniques ou raciales. · Combattre le racisme est plus que jamais à l’ordre du jour. Les barrières qui entravent le libre accès au marché du travail doivent encore être démantelées, en particulier pour les personnes d’ascendance africaine ou asiatique, pour les peuples autochtones et les minorités ethniques et, par-dessus tout, les femmes appartenant à ces divers groupes. · Les travailleurs immigrés sont confrontés à des discriminations fréquentes à l’embauche et beaucoup d’entre eux subissent encore des discriminations quand ils ont un emploi, y compris pour l’accès à des programmes d’assurance sociale. · Un nombre croissant d’hommes et de femmes sont confrontés à des discriminations pour des motifs religieux, alors que les discriminations d’ordre politique sont plus courantes dans le secteur public où la loyauté aux politiques des autorités en place peut être un facteur d’accès à l’emploi. · Les discriminations liées au travail continuent d’exister pour un grand nombre des 650 millions de personnes handicapées dans le monde, comme en témoigne leur faible taux d’emploi. · Les personnes vivant avec le VIH/sida peuvent souffrir de discriminations par le biais de politiques de dépistage obligatoire ou dans le cadre d’un dépistage qui n’est pas authentiquement volontaire ni confidentiel. · Dans l’Union européenne, 64 pour cent de ceux qui font l’objet de l’étude s’attendaient à ce que la crise économique entraîne davantage de discriminations en raison de l’âge sur le marché du travail. · Dans un nombre limité de pays industrialisés, la discrimination fondée sur le style de vie a émergé comme une question d’actualité, en particulier pour ce qui concerne le tabagisme et l’obésité. La réponse de l’OIT
Le Rapport global recommande de prendre une série de mesures pour lutter contre les discriminations. Elles relèvent de quatre domaines prioritaires: la promotion de la ratification universelle et l’application des deux conventions fondamentales de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur l’égalité et la non-discrimination; le développement et le partage des connaissances sur l’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession; l’amélioration de la capacité institutionnelle des mandants de l’OIT pour mettre en œuvre plus efficacement le droit fondamental à la non-discrimination au travail; et le renforcement des partenariats internationaux sur l’égalité avec les principaux acteurs. Les ratifications des deux conventions fondamentales de l’OIT dans ce domaine – la convention (n° 100) sur l’égalité de rémunération, 1951, et la convention (n° 111) sur la discrimination (emploi et profession), 1958 – se situent respectivement à 168 et 169, sur un total de 183 Etats Membres de l’OIT. Quand les taux de ratification dépassent les 90 pour cent, l’objectif de ratification universelle est en vue, précise le rapport. «Le droit fondamental de tous les hommes et toutes les femmes à la non-discrimination dans l’emploi et la profession fait partie intégrante d’une politique de travail décent visant à créer une croissance économique durable et équilibrée ainsi que des sociétés plus justes», affirme M. Somavia. «Ce qu’il faut, c’est combiner une politique de croissance économique avec une politique pour l’emploi, la protection sociale et les droits au travail, qui permettent aux gouvernements, aux partenaires sociaux et à la société civile de travailler ensemble, y compris en changeant les comportements grâce à l’éducation.» Le rapport fait partie d’une série d’études sur les principales normes du travail de l’OIT publiées chaque année; il a été préparé en vertu du suivi de la Déclaration sur les principes et les droits fondamentaux au travail adoptée par la Conférence internationale du Travail en 1998. La déclaration est axée sur quatre principes fondamentaux – liberté syndicale, abolition du travail des enfants, élimination du travail forcé et des discriminations.
Massacre de paysans au Guatemala
17 mai 2011 : La Confédération syndicale internationale (CSI) se rallie aux organisations syndicales, paysannes et autochtones du Guatemala pour condamner avec force le massacre survenu entre le 14 et le 15 mai dans la plantation Finca « Los Cocos », dans la municipalité de La Libertad, au cours duquel 29 paysans ont été assassinés, y compris deux femmes et trois mineurs de 13, 15 et 16 ans. La CSI exige du gouvernement guatémaltèque qu’il assume entièrement son rôle de garant de la démocratie et de l’État de droit en veillant à la pleine application des recommandations issues de la mission du Bureau du Haut-commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme au Guatemala en 2010. Garantir la vie de tous et toutes les guatémaltèques relève des responsabilités élémentaires de l’État. « La CSI exhorte le procureur général du Guatemala à entreprendre sans plus tarder une enquête effective et exhaustive qui permette d’identifier et de traduire en justice les auteurs de ce crime odieux » a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI. « Il est inadmissible que la majorité des crimes et délits perpétrés au Guatemala restent impunis. » ll est impératif que la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG) exécute le mandat dont elle investie, qui est de renforcer la démocratie dans le pays et qu’elle procède à une enquête sur l’implication de groupes parallèles et de forces de sécurité clandestines dans ce massacre. Dans une lettre envoyée aux autorités guatémaltèques , la CSI demande instamment au président Álvaro Colom de prendre toutes les dispositions qui s’imposent pour mettre un terme à la violence systématique à l’encontre des organisations syndicales, paysannes et indigènes et de veiller au respect des conventions fondamentales de l’OIT ratifiées par le Guatemala.
Guatemala : Nouvel assassinat d’un syndicaliste
Le 11 mai 2011 : La Confédération syndicale internationale (CSI) se joint à ses organisations affiliées guatémaltèques pour condamner avec force l’assassinat de Lorenzo Godoy Asencio, secrétaire général du Sindicato de Tricicleros de la Ciudad Pedro de Alvarado de Moyuta-Jutiapa et secrétaire général du Sindicato de trabajadores del transporte y similares de la Ciudad Pedro de Alvarado. Ce meurtre plonge à nouveau dans le deuil la classe ouvrière de ce pays. Le camarade Godoy a disparu avec son véhicule le 2 mai après avoir quitté son domicile pour aller acheter du pain pour le diner. Comme il ne revenait pas, des recherches ont été entamées dès le lendemain à proximité de la frontière avec le Salvador. Son cadavre a été retrouvé le jeudi 5 mai dans la localité d’Aldea Los Angeles. Il portait plusieurs blessures à l’arme blanche. L’arme du crime pourrait être un tournevis découvert non loin de l’endroit où furent retrouvés la dépouille mortelle de Lorenzo Godoy et la mototaxi qu’il conduisait, à environ deux cents mètres de la scène du crime. Le Guatemala aujourd’hui encore est à l’évidence sous l’emprise de la volonté d’assassins sans scrupules, armés soit par le patronat ou encore par les Etats-Unis. Avec ce nouvel assassinat, c’est la longue histoire des martyrs qui continue et qui avait commencé avec l’United Fruit Company, qui était une entreprise bananière et dont le siège était aux États-Unis d'Amérique, et qui avait été à l’origine de la tuerie qui s’appela « le massacre des bananeraies », et qui fit un millier de morts.
La CSI condamne la discrimination antisyndicale menée par IKEA aux États-Unis
28 avril 2011 : Suite à sa réunion sur le thème des multinationales qui s’est tenue à Washington, la Confédération Syndicale Internationale (CSI) qui représente 175 millions de travailleurs dans 151 pays et territoires s’inquiète de l’absence de réaction du géant de l’ameublement, IKEA, concernant la discrimination antisyndicale dans son usine de Danville en Virginie. Sur ce site, quelques-uns des 335 travailleurs employés par Swedwood, le groupe industriel d’IKEA, tentent de créer un syndicat et les travailleurs ne sont pas autorisés à adhérer à celui de leur choix. « Il y a clairement des problèmes dans cette usine ouverte il y a maintenant quelques années par Swedwood, filiale d’IKEA, à Danville en Virginie. IKEA profite du laxisme de la protection des travailleurs aux États-Unis », a déclaré Sharan Burrow, Secrétaire Générale de la CSI. « Est-ce trop demander à IKEA, le géant de l’ameublement qui a déclaré près de 3 milliards de dollars de bénéfices et 31 milliards de dollars de chiffre d’affaires, d’autoriser 335 travailleurs d’une seule et unique usine à se faire entendre et à décider par eux-mêmes. Nous demandons tout simplement à cette société d’ouvrir ses portes au syndicat afin qu’il puisse informer les travailleurs des droits garantis par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). S’ils souhaitent être représentés par l’Association Internationale des Machinistes et des Travailleurs et Travailleuses de l’Aérospatiale (AIMTA), alors la société devra négocier une convention collective. L’AIMTA a déposé une demande dans ce sens l’année dernière lorsqu’elle a annoncé que les employés éligibles avaient en majorité signé une carte l’autorisant à être leur représentant exclusif. » Ces ouvriers travaillent dur tous les jours dans des conditions difficiles pour fabriquer des articles IKEA, notamment les gammes LACK, BILLY, FAKTUM, PAX, EXPEDIT ou EFFEKTIV qui sont destinées aux magasins à travers le monde. En réponse à la volonté affichée par ces travailleurs de créer un syndicat, l’usine a fait appel à un cabinet d’avocats qui a bâti sa réputation en empêchant la création de syndicats au sein des sociétés et en aidant le patronat à interférer et à faire obstacle à la liberté d’association des travailleurs. Il semble maintenant que des problèmes de sécurité existent dans cette usine. Suite à une plainte déposée par l’Association des Machinistes, l’autorité locale de santé et de sécurité a condamné Swedwood pour violations répétées de la loi. Les changements effectués et les amendes liées aux violations des législations en matière de sécurité ont entraîné une amélioration des conditions de travail dans l’usine. Toutefois, des accidents graves continuent de se produire. Des travailleurs ont déclaré avoir été licenciés juste pour avoir dit qu’ils rejoindraient volontiers un syndicat pour protéger leurs droits. La société Swedwood a déjà conclu des accords avec deux ouvriers qui avaient déposé des plaintes suite à leur licenciement sur la base de discrimination raciale. Bien qu’IKEA soit aimé par les consommateurs du monde entier pour ses meubles à des tarifs abordables, les articles sur l’usine de Danville publiés ces derniers mois à la fois dans la presse américaine et suédoise nuisent à l’image du géant suédois de l’ameublement qui a toujours eu très bonne réputation à travers le monde. Aujourd’hui, IKEA pourrait redorer son blason en s’assurant simplement que les droits fondamentaux de ses travailleurs sont respectés dans le monde entier, y compris aux États-Unis. La CSI se joint à la lutte pour que la justice soit rendue à Danville et a alloué des moyens financiers substantiels pour s’assurer que cette société agit de manière responsable aux États-Unis. IKEA doit respecter l’accord-cadre international signé en 1998 qui garantit à tous ses employés, quel que soit leur pays, des droits en matière de syndicalisation et de négociation collective.
La CGTM sera présente au Forum Social mondial.
Né voici dix ans à Porto Alegre au Brésil, aujourd’hui c’est à Dakar du 6 au 11 février 2011 que se réunie le neuvième Forum social mondial (FSM). Les débats porteront autour de trois grandes questions : la situation mondiale et la crise, la situation des mouvements sociaux et citoyens mais également sur la mémoire de l'esclavage, à l'occasion d'une journée de recueillement sur l'île de Gorée. Les organisateurs attendent pourtant de 20 à 30 000 participants et ce FSM sera une nouvelle occasion d'échange entre les syndicats, les ONG, les mouvements sociaux, les parlementaires, et les experts. Ce forum mondiale sera donc l’occasion pour la CGTM d’évoquer auprès de cette représentation du monde social, la situation socio-économique en Martinique depuis le grand mouvement social de février-mars 2009. Lire la déclaration….
Dix-septième réunion américaine de l'OIT définit l'ordre du jour vers le travail décent
SANTIAGO - représentants de gouvernements, les travailleurs et les employeurs de plus de 30 pays de l'Amérique a terminé aujourd'hui la dix-septième réunion régionale américaine du international de l'organisation du travail (OIT), avec un appel à intensifier les efforts pour avancer sur le chemin de décent sur les travaux du continent. En particulier, les délégués ont souligné la nécessité d'aller de l'avant et de faire un examen en profondeur au moyen d'un dialogue social plus efficace dans les rubriques suivantes : • La création de nouvelles possibilités de décent et productif de travail par le biais de la promotion et le développement de l'entreprise durable. • Le renforcement du respect de la liberté d'association et de négociation collective. • Promotion de la ratification de la Convention 102 concernant la sécurité sociale. • Promouvoir la compétitivité de l'économie et la cohésion sociale, de préserver et de respect des droits fondamentaux au travail. • Renforcer le cadre institutionnel du marché du travail. Le discours de clôture de la Conférence, l'OIT, Juan Somavia, directeur général, a souligné la référence au dialogue social comme un élément clé pour faire progresser ces objectifs. « Il existe peu d'instruments plus appropriée relever les défis auxquels sont confrontés en Amérique latine et les Caraïbes que le dialogue social ». « C'est un défi commun, que nous sommes confrontés en tant que région, mais le dialogue social réel, permettant d'obtenir des résultats concrets, est celle qui se produit dans tous les pays, a déclaré m. Somavia. La dix-septième réunion régionale américaine a été présidée par le ministre du travail et d'aide sociale du Chili, Camila Merino, qui, dans ses derniers mots, parlé de « l'importance de la poursuite des travaux en créant les meilleures conditions d'emploi et sa dignité » et « l'importance d'une économie solide, saine et concurrentielle ». Durant les sessions de quatre jours de la Conférence, les délégués ont discuté des questions diverses, y compris les leçons de la crise économique qui a laissé la crise, le rôle du salaire comme stimulateur de croissance, le défi de parvenir à un plancher minimum de protection sociale pour tous et les nouveaux chemins de coopération Sud-Sud. La présence de distingués invités, parmi lesquels la Présidente du Chili, Sebastián Piñera, qui a parlé de l'importance du travail décent et de protection sociale dans le développement économique et social de leur pays et la région ont participé à la réunion. Vice-Président de la Colombie, La Garzón, a parlé de la troisième journée de la session et a souligné l'engagement de son pays avec un travail décent et les droits de l'homme en général. Dans une lettre aux délégués de la Conférence, le Président du Brésil, Luis Inácio Lula da Silva, a souligné l'importance de la protection de l'emploi au cours de la crise et la nécessité de mettre en œuvre des réformes visant à promouvoir la croissance, la modernisation et le développement. En outre, le Secrétaire exécutif de la CEPALC, Alicia Bárcenas, qui ont participé à une séance spéciale sur « La croissance, l'emploi et l'équité dans les Amériques », posé le défi de la lutte contre les inégalités et le défi des 180 millions de personnes pauvres vivant dans la région. La dix-septième réunion régionale américaine a eu lieu à Santiago de Chili entre le 14 et le 17 décembre et a rassemblé plus de 300 délégués de partout dans la région.
El Salvador : Situation horrifiante dans les zones franches d’exportation
10 février 2010 : Une nouvelle enquête de la CSI sur les normes fondamentales du travail au Salvador révèle que bon nombre des 67 000 travailleurs, principalement des femmes, employés dans les 15 zones franches industrielles du pays, sont victimes de traitements effroyables, allant des insultes et des menaces aux violences physiques et aux harcèlements sexuels. Il y règne en outre une politique manifestement antisyndicale et les travailleuses et travailleurs qui tentent d’adhérer ou de former une organisation syndicale sont renvoyés. Pour beaucoup, les conditions de travail dans les zones franches industrielles s’apparentent à du travail forcé.Le 15 janvier 2010, Victoriano Abel Vega, secrétaire général du SITRAMSA (Sindicato de trabajadores y Empleados Municipales de la Alacaldía de Santa Ana), a été assassiné alors qu’il se rendait au Salvador où il devait participer à une réunion avec d’autres syndicalistes en vue de la préparation d’une plainte relative aux renvois injustes de plusieurs salariés de la municipalité de Santa Ana, en violation des conventions n° 87 et 98. Il avait reçu des menaces de mort liées à son rôle de dirigeant syndical et pour sa condamnation des renvois. Dans une lettre adressée aux autorités du Salvador, la CSI intime le président Mauricio Funes d’immédiatement lancer une enquête afin d’identifier et de punir avec toute la rigueur de la loi les auteurs de ce crime brutal. Le rapport de la CSI, publié pour coïncider avec l’examen, par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), des politiques commerciales du Salvador, souligne qu’il est interdit à de nombreux travailleurs du secteur public d’exercer leur droit syndical et que le droit de grève est tellement restreint qu’il est pratiquement impossible à exercer. Alors que le pays a récemment ratifié les conventions fondamentales de l’OIT sur les droits des syndicats pour bénéficier de l’accord commercial avec l’Union européenne – le système de préférences généralisées, SPG – il ne les applique toujours pas dans la pratique. Dans le secteur privé, les restrictions sont multiples comme les nombreuses formalités et les prescriptions préalables à la constitution d’un syndicat ou à son adhésion. Les pratiques antisyndicales sont courantes et les autorités publiques n’interviennent pas pour les empêcher. Du reste, la loi ne prévoit pas la réintégration des travailleurs illégalement renvoyés en raison de leur appartenance à un syndicat ou de leurs activités syndicales. Au Salvador, les femmes gagnent 88 % du salaire moyen des hommes et sont sous-représentées dans les emplois hautement spécialisés et fortement rémunérateurs. Le rapport révèle que, jusqu’à présent, le gouvernement n’a adopté aucune politique en matière d’égalité des chances et n’a apporté qu’une réponse largement insuffisante à la discrimination au niveau de l’emploi et de la rémunération. La législation nationale ne se réfère pas au principe du salaire égal pour un travail de valeur égale pourtant repris dans les conventions de l’OIT. Le travail des enfants reste un problème courant auquel les autorités n’ont pas apporté de solutions appropriées. Plus précisément, la persistance des pires formes de travail des enfants, notamment leurs activités dans la production de feux d’artifice, dans les décharges d’ordures et dans la prostitution, soulève de sérieuses préoccupations. Selon les données de l’état, plus de 67 pour cent des enfants travaillent d’une façon ou d’une autre. Dans les zones rurales, les enfants travaillent dans l’agriculture et le commerce, tandis que dans les zones urbaines, ils sont plus souvent employés comme marchands ambulants ou dans la fabrication. Les conclusions d’un autre rapport précisent que, bien qu’illégal, le travail forcé a cours par le biais de la traite des êtres humains, surtout des femmes et des filles à des fins d’exploitation sexuelle. Le travail forcé existe également dans les prisons où les condamnés sont obligés de travailler
Le 7 octobre manifestons ensemble pour la journée mondiale du travail décent.
Conformément à la décision prise par le Congrès mondial de la CSI lors de sa 2e session à Vancouver, Canada, la CSI convoquera la 3e Journée mondiale pour le travail décent (JMTD). Cette Journée aura lieu, comme d’habitude, le 7 octobre. Les années antérieures, la JMTD a engagé des millions de syndicalistes à des actions pour le travail décent et, vu le contexte actuel de la crise, il s’avère plus important que jamais que les syndicalistes aux quatre coins du monde défendent leurs droits à un travail décent et à une vie décente. Bien qu’on parle de reprise, peu de signes indiquent la fin de la crise de l’emploi. Chaque perte d’emploi est un drame humain et jusqu’à présent 34 millions d’emplois ont été supprimés en raison de la crise depuis son déclenchement en 2008 et 64 millions de personnes ont plongé dans la pauvreté extrême. Le monde se trouve à une croisée des chemins : soit il rompt avec les politiques défaillantes du passé qui sont à l’origine de la crise et s’oriente vers un futur plus juste, durable et plus prospère, soit il retombe dans les injustices et la misère du passé laissant prévoir une hausse de la pauvreté et un chômage massif comme constante de nos sociétés. Par conséquent, nous lancerons trois messages fondamentaux à l’occasion de la JMTD de cette année : - La croissance et des emplois décents, et non l’austérité, sont essentiels pour combattre la crise et mettre un terme à la pauvreté ; - Des services publics de qualité sont essentiels à une vie décente et ne doivent pas être réduits au nom d’un assainissement budgétaire ; et, - Le secteur financier doit payer les dégâts qu’il a causés et doit œuvrer pour servir l’économie réelle et répondre aux réels besoins humains. L’année dernière, 472 actions ont été organisées dans 111 pays
Rapport annuel de la CSI : 101 syndicalistes assassinés en 2009 ; augmentation des pressions sur les droits des travailleurs alors que la crise touche l’emploi
9 juin 2010 : Le Rapport annuel des violations des droits syndicaux de la CSI note une hausse spectaculaire du nombre de syndicalistes assassinés en 2009 : leur nombre s’est élèvé à 101, soit une augmentation de 30 % par rapport aux années précédentes. Le rapport, rendu public aujourd’hui, révèle également une augmentation des pressions sur les droits fondamentaux des travailleurs parallèlement à l’aggravation des effets de la crise économique mondiale sur l’emploi. Sur les 101 syndicalistes tués, 48 ont été assassinés en Colombie, 16 au Guatemala, 12 au Honduras, six au Mexique, six au Bangladesh, quatre au Brésil, trois en République dominicaine, trois aux Philippines, un en Inde, un en Iraq et un au Nigeria. En Colombie, 22 des syndicalistes assassinés étaient de hauts dirigeants syndicaux et cinq étaient des femmes, preuve que l’attaque des années précédentes se poursuit. La montée en flèche de la violence se note également au Guatemala et au Honduras depuis quelques années. « La Colombie a, une fois encore, été le pays où, plus qu’ailleurs, se battre pour les droits fondamentaux de la main-d’œuvre conduit à la mort en dépit de la campagne de relations publiques du gouvernement colombien pour convaincre du contraire. La détérioration de la situation au Guatemala, au Honduras et dans d’autres pays est également extrêmement préoccupante », a déclaré Guy Ryder, secrétaire général de la CSI. Cette année, le rapport dresse à nouveau une liste exhaustive des violations dont ont été victimes les syndicalistes luttant pour défendre les intérêts de la main-d’œuvre dans 140 pays. Par ailleurs, de nombreuses autres violations n’ont pas été rapportées, dans la mesure où des travailleuses et des travailleurs sont privés du moyen de faire entendre leur voix, ou craignent de s’exprimer en raison des conséquences qui pourraient en découler par rapport à leur emploi, voire à leur intégrité physique. Outre l’effroyable liste d’assassinats, le rapport détaille par le menu les harcèlements, les actes d’intimidation et d’autres formes de persécution à l’encontre des syndicats. Du reste, dix tentatives de meurtre et 35 menaces de mort sérieuses ont été enregistrées, à nouveau principalement en Colombie et au Guatemala. Par ailleurs, de nombreux syndicalistes sont restés emprisonnés et ont été rejoints par une centaine d’autres en 2009. D’autres encore ont été arrêtés en Iran, au Honduras, au Pakistan, en Corée du Sud, en Turquie et au Zimbabwe. La situation générale en matière de droits syndicaux a continué de s’aggraver dans plusieurs pays, notamment en Égypte, dans la Fédération de Russie, en Corée du Sud et en Turquie. Les forces antidémocratiques ont continué de cibler les activités syndicales, conscientes que les syndicats sont souvent en première ligne dans la défense de la démocratie. C’était en effet flagrant au Honduras dans le climat de violence qui a régné après le coup d’État, ainsi qu’en Guinée lors d’une manifestation de protestation contre la junte au pouvoir, qui s’est soldée par un terrible massacre le 28 septembre. De nombreux cas de répression contre des grèves et des grévistes ont été documentés dans chaque région. Des milliers de travailleuses et de travailleurs, manifestant pour réclamer leurs salaires, dénoncer les piètres conditions de travail ou les effets néfastes de la crise financière et économique mondiale, ont été victimes d’agressions, d’arrestations et de détentions, notamment en Algérie, en Argentine, au Belarus, en Birmanie, en Côte d’Ivoire, en Égypte, au Honduras, en Inde, en Iran, au Kenya, au Népal, au Pakistan et en Turquie. Des licenciements de travailleurs en raison de leurs activités syndicales ont été rapportés dans nombre de pays. Au Bangladesh, six travailleurs du secteur de l’habillement, qui faisaient grève pour réclamer une augmentation salariale et le règlement des arriérés salariaux, ont perdu la vie à la suite d’une intervention de la police. Les employeurs ont continué de recourir largement aux actions antisyndicales et aux pressions. Dans plusieurs pays, des entreprises ont menacé le personnel de fermer ou de transférer les sites de production s’il organisait un syndicat ou y adhérait. Souvent, les employeurs ont simplement refusé de négocier avec les représentants légitimes des travailleurs tandis que les autorités restaient sans rien faire. Certains codes du travail ont été amendés afin de permettre une plus grande « flexibilité » et de mettre à mal les systèmes existants de sécurité sociale ce qui a souvent eu une incidence sur les systèmes actuels de relations professionnelles et a affaibli les droits syndicaux. En fragilisant des normes du travail reconnues au niveau international, un nombre sans cesse grandissant de travailleurs ont été confrontés à l’insécurité et à la vulnérabilité dans l’emploi puisqu’aujourd’hui, environ 50 % de la main-d’œuvre mondiale occupe des emplois précaires. Ce phénomène a touché les travailleuses et les travailleurs des zones franches d’exportation, en particulier en Asie du Sud-Est et en Amérique centrale, le personnel domestique, surtout au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, les migrants ainsi que les travailleurs agricoles. Bon nombre des secteurs les plus touchés se caractérisent par de fortes concentrations de travailleuses. En outre, on a pu noter la croissance de l’emploi informel et le développement de nouvelles formes « atypiques » d’emploi, tant au niveau des régions qu’à celui des différents secteurs industriels. Les difficultés auxquelles est confrontée cette main-d’œuvre pour se syndiquer ou exercer ses droits syndicaux sont directement liées à sa position très vulnérable sur le marché du travail. Le rapport met également en exergue de nombreux cas où, alors que les droits syndicaux sont officiellement protégés par la législation, des restrictions de la couverture légale, ainsi qu’une application faible ou inexistante ont accru la vulnérabilité des salariés subissant déjà la crise de plein fouet. De nombreux pays restreignent sévèrement ou interdisent directement les grèves. En outre, des procédures complexes, l’imposition de l’arbitrage obligatoire et l’utilisation de définitions excessivement larges des « services essentiels » rendent souvent impossible l’exercice des droits syndicaux dans la pratique, privant les travailleurs de leurs droits légitimes d’être représentés par leur syndicat et de participer à des actions de grève. Le rapport de la CSI relève qu’en dépit du fait que 2009 a célébré le 60ème anniversaire de la Convention n° 98 de l’OIT sur le droit d’organisation et de négociation collective (1949), des pays tels que le Canada, la Chine, les États-Unis, l’Inde, l’Iran, le Mexique, la Thaïlande, la République de Corée et le Vietnam ne l’ont toujours pas ratifiée. Par conséquent, environ la moitié de la population économiquement active de la planète n’est pas couverte par cette Convention. « Cette année, le rapport de la CSI montre que la majorité des travailleuses et des travailleurs du monde ne bénéficient pas de protection efficace de leurs droits d’organiser des syndicats et de négocier collectivement. Il s’agit d’un facteur principal de l’augmentation à long terme de l’inégalité économique au sein des pays et entre nations. Les revenus inappropriés de la grande majorité de la main-d’œuvre mondiale ont été l’un des éléments déclencheurs de la crise économique mondiale et font qu’il est difficile de placer l’économie sur le chemin de la croissance durable », a déclaré Guy Ryder.
Colombie : Encore un syndicaliste assassiné
10 juin 2010 : La CSI s’est jointe à ses organisations affiliées colombiennes pour condamner sans ambages l’assassinat, le 5 juin, d’Hernan Abdiel Ordoñez Dorado, trésorier au comité exécutif de l’Association syndicale des employés de l’Institut national pénitentiaire et carcéral (ASEINPEC) de Cali. Ordoñez se trouvait en compagnie de sa mère lorsque des individus se déplaçant à moto lui ont bloqué la route et l’ont abattu de quatre coups de feu. D’après la CSI, le dirigeant syndical se trouvait impliqué dans la dénonciation d’actes présumés de corruption, qui mettaient en cause le personnel de direction de la prison de femmes. Il avait préalablement fait l’objet de menaces et avait été victime d’un attentat. La Centrale générale des travailleurs (CGT) a demandé, à maintes reprises, qu’un dispositif de sécurité soit mis à disposition mais ces demandes ont été ignorées par le gouvernement. Dans une lettre adressée aux autorités colombiennes , la CSI s’est jointe à la CGT pour demander au gouvernement colombien de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour faire la lumière sur les mobiles de cet assassinat et identifier et sanctionner de manière exemplaire les auteurs matériels et intellectuels. « Les autorités colombiennes doivent prendre d’urgence les mesures concrètes nécessaires pour garantir à tout moment l’intégrité physique des syndicalistes colombiens », a insisté Guy Ryder, secrétaire général de la CSI.
99e Conférence internationale du Travail de l’OIT
L’Organisation internationale du Travail (OIT) tiendra sa session annuelle de la Conférence internationale du Travail à Genève, du 2 au 18 juin. Des délégués des gouvernements, des travailleurs et des employeurs représentant les 183 Etats Membres de l’OIT vont discuter de toute une série de thèmes, y compris: L’élaboration d’une norme concernant le VIH/sida dans le monde du travail Le travail décent pour les travailleurs domestiques L’objectif stratégique de l’emploi (dans le cadre du suivi de la Déclaration de l’OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable) L’application des conventions et recommandations de l’OIT Un an après l’adoption du Pacte mondial pour l’emploi conçu afin d’orienter les réponses nationales et internationales à la crise, un débat de haut niveau sera consacré au Pacte, aux politiques macroéconomiques et au Rôle de l’emploi productif et de la protection sociale en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement
Au Swaziland Un syndicaliste meurt en garde à vue
14 May 2010 La CSI s’est jointe à la CSI-Afrique et à ses affiliées pour condamner avec véhémence la mort suspecte en garde à vue de Sipho Jele, membre du Swaziland Agriculture and Plantation Workers’ Union (SAPWU) et du People’s United Democratic Movement (PUDEMO), principal parti d’opposition du pays, qui a été interdit et fait l’objet de poursuites incessantes au titre de la tristement célèbre loi sur la suppression du terrorisme du gouvernement. Le Swaziland vit sous état d’urgence depuis 1973. Les festivités du Premier mai organisées au terrain de sport Salesian, à Manzini, ont été brutalement interrompues par la police, qui cherchait par tous les moyens à expulser les invités qui, selon elle, n’étaient pas des travailleurs. La police a perturbé les festivités pacifiques du Premier mai et a malmené et écroué plusieurs dirigeants syndicaux, dont Simangele Mmema, membre du Comité exécutif national de l’Association nationale des enseignants du Swaziland (SNAT). Elle a également confisqué du matériel photographique et effacé des photos. Les policiers étaient à l’affût de toute personne portant un t-shirt PUDEMO et a même arrêté un jeune militant parce qu’il portait un t-shirt de la centrale syndicale sud-africaine COSATU et une casquette de l’ANC (African National Congress), qu’ils ont confisqués. Les syndicats ont dénoncé publiquement cet acte de harcèlement flagrant et l’interruption de leurs festivités du Premier mai. C’est dans ces circonstances que la police a procédé à l’arrestation de Sipho Stephen Jele, au motif qu’il portait un t-shirt à l’enseigne de PUDEMO. Après l’avoir arrêté, des policiers l’ont conduit à son domicile où, d’après sa tante, ils ont fouillé toute la maison et n’ont rien trouvé d’autre que la carte de membre PUDEMO de Jele. Celui-ci a ensuite été forcé à poser pour une photo en montrant sa carte de membre avant d’être emmené. Deux jours plus tard, le département des services correctionnels a émis une déclaration selon laquelle Sipho Stephen Jele s’était suicidé dans les toilettes d’une cellule. D’après l’information reçue par la CSI, la police aurait exercé des pressions sur la famille de Jele pour que son inhumation ait lieu le plus rapidement possible. D’autre part, l’enquête ordonnée par le Premier ministre du Swaziland est menée par le personnel des services correctionnels de la police elle-même. À la lumière des circonstances de l’arrestation de Jele et du traitement qui lui a été infligé alors qu’il se trouvait en garde à vue, la CSI craint qu’il n’ait été tué pour son activisme. Le roi swazi Mswati avait auparavant déclaré qu’il considérait l’ « akukhanywane », terme utilisé pour décrire l’étranglement de tout opposant à son règne, comme la stratégie la plus appropriée. En attendant, la mort de Sipho Jele constitue le 12e cas d’attaque à main armée perpétré depuis août 2003 contre des membres et des dirigeants du PUDEMO, des membres de leurs familles et des sympathisants.
La Conférence mondiale approuve la feuille de route pour intensifier l’action et éliminer les pires formes de travail des enfants d’ici à 2016
LA HAYE (Nouvelles du BIT) – Plus de 450 délégués venus de 80 pays se sont mis d’accord sur une feuille de route qui vise à «augmenter de manière substantielle» les efforts mondiaux pour éliminer les pires formes de travail des enfants d’ici à 2016. Approuvée au terme d’une conférence de deux jours sur le travail des enfants, que le gouvernement des Pays-Bas a organisée en coopération avec l’Organisation internationale du Travail (OIT), la feuille de route appelle les gouvernements, les partenaires sociaux et les organisations de la société civile à renforcer l’accès à l’éducation, à la protection sociale et au travail décent. «La feuille de route représente un document essentiel pour favoriser la cohérence et la convergence des politiques nationales et internationales en vue de l’objectif de 2016. Mais ne nous y trompons pas: elle ne signe pas la fin de nos efforts concertés, bien au contraire. Nous devons continuer à nous réunir et à coopérer, ne serait-ce que pour nous encourager, nous inspirer et nous soutenir mutuellement sur le chemin du progrès», a rappelé Piet Hein Donner, ministre des Affaires sociales et de l’Emploi du gouvernement des Pays-Bas. «Les expériences et les idées débattues au cours de la Conférence ont véritablement amélioré notre prise de conscience et notre connaissance du travail des enfants, ainsi que notre engagement à le combattre. Elles montrent clairement que si nous restons figés sur nos habitudes, l’objectif d’élimination des pires formes de travail des enfants d’ici à 2016 sera tout simplement manqué. Nous disposons maintenant d’une feuille de route qui contribue à nous montrer la voie à emprunter et qui nous donne matière à alimenter les futures discussions au sein de l’OIT et ailleurs. Il nous incombe à tous de la suivre», a déclaré Kari Tapiola, Directeur exécutif du BIT. La feuille de route invite tout particulièrement les gouvernements «à évaluer l’impact des politiques relatives aux pires formes de travail des enfants, en tenant compte du sexe et de l’âge des enfants, à mettre en place des mesures préventives assorties de délais et à mobiliser suffisamment de ressources financières pour combattre les pires formes de travail des enfants, y compris grâce à la coopération internationale». Elle appelle également les partenaires sociaux à prendre «les mesures immédiates et efficaces qui relèvent de leur compétence afin de garantir en priorité absolue l’interdiction et l’élimination des pires formes de travail des enfants, notamment à travers des politiques et des programmes consacrés au travail des enfants». La Conférence de La Haye s’est déroulée dans un contexte d’essoufflement de la campagne mondiale contre le travail des enfants, comme le démontre le nouveau rapport global du BIT publié la semaine dernière. Le rapport – Accélérer l’action contre le travail des enfants – montre que si la réduction du travail des enfants s’est poursuivie, son rythme s’est ralenti de manière inquiétante. Le rapport avertit que si aucune action décisive n’est prise, le rendez-vous de 2016 ne sera pas honoré. Le nouveau rapport contraste avec les tendances positives qui figuraient dans la précédente étude réalisée en 2006 et qui avaient alors conduit l’OIT à fixer un objectif d’élimination des pires formes de travail des enfants d’ici à 2016. La Conférence de deux jours a été l’occasion d’entendre s’exprimer de hauts responsables gouvernementaux venus de divers pays, ainsi que des représentants des organisations patronales et syndicales, des organisations internationales et des membres du monde universitaire et de la société civile. Sa Majesté la Reine Beatrix des Pays-Bas a assisté à la session de clôture de la Conférence où elle a rencontré quelques-uns des éminents participants, ainsi qu’une ancienne victime du travail des enfants. Les participants ont aussi eu l’occasion de discuter et de commenter un nouveau rapport inter-agences préparé par l’OIT, la Banque mondiale et l’UNICEF, intitulé «Tous unis dans la lutte contre le travail des enfants». Le rapport présente les situations et les tendances propres à chaque pays et analyse quelles sont les politiques qui offrent le plus grand potentiel pour combattre le travail des enfants en vue de l’objectif de 2016.
États-Unis : les États frappés par la crise la font payer aux pauvres
En Martinique, depuis le mouvement de février et mars 2009, on nous rabat les oreilles en laissant entendre que la grève serait responsable de tous les maux du monde. Cependant aux Etats-Unis dans le pays le plus riche du monde, du fait de la crise capitaliste les masses laborieuses sont confrontées quotidiennement à des licenciements et au chômage sans aucun mouvement social. Lire le document de la presse ouvrière révolutionnaire française.
Confédération Syndicale Internationale, Amériques : les attaques contre les syndicats en augmentation
Bruxelles, le 10 juin 2009 (CSI en ligne) : La situation des syndicalistes est tragique et ne s’améliore pas sur le continent américain, au contraire. Voilà en substance le constat établi par la section « Amériques » du rapport 2009 sur les violations des droits syndicaux dans le monde, publié aujourd’hui par la Confédération syndicale internationale (CSI). Une fois encore, cette partie du monde rafle le titre peu envié de continent le plus meurtrier pour les syndicalistes, notamment à cause de la Colombie où 49 travailleurs ont perdu la vie et plus de 200 ont été arrêtés en raison de leurs activités syndicales. Assassinats, enlèvements, menaces de mort, attaques et violations de domiciles sont le quotidien de trop nombreux syndicalistes sur le continent américain. Les employeurs ont recours aux licenciements arbitraires et aux transferts de dirigeants syndicaux en représailles contre l’établissement de nouveaux syndicats. La crise économique et financière qui touche le monde de plein fouet a pu, aussi, servir d’alibi dans le cas de licenciement abusif de syndicalistes. Le rapport de la CSI souligne que la Colombie est le pays le plus dangereux pour les syndicalistes. 60% des assassinats en raison d’activités syndicales recensés dans le monde ont lieu dans ce pays. A ces chiffres s’ajoutent vraisemblablement de nombreux cas qui n’ont pu être recensés. Les cas de violence ont augmenté de façon drastique (25% en 2008) alors que le gouvernement du président Alvaro Uribe accorde une importance particulière à la sécurité. Sur les 49 syndicalistes assassinés, 4 étaient des femmes et 16 des dirigeants syndicaux. La CSI déplore 10 assassinats de syndicalistes colombiens de plus que l’année précédente. Aux assassinats s’ajoutent les attentats, les disparitions et les menaces de mort. C’est surtout l’impunité dont jouissent les auteurs et les commanditaires de ces crimes qui est à mettre en exergue, tant les sentences et les condamnations, quand elles sont prononcées, sont inadéquates. En outre, les politiques et les lois en matière de travail continuent d’exclure plus de deux tiers des travailleurs de toute protection sociale et du travail, privant plus de 12 millions de travailleurs de leurs droits les plus fondamentaux. Selon le rapport de la CSI, l’Amérique centrale n’a rien à envier non plus en matière de violations des droits syndicaux, particulièrement au Guatemala, où elles sont permanentes. Le Guatemala talonne la Colombie comme pays le plus dangereux pour les syndicalistes. Assassinats, actes d’intimidation, harcèlements, fusillades contre des domiciles ou incursions et attaques contre des sièges syndicaux ont eu lieu tout au long de l’année. Plus de 20 dirigeants syndicaux, de mouvements indigènes et paysans ont été assassinés, et l’impunité règne en maître. Le mouvement syndical fait l’objet d’une persécution qui rappelle les pratiques utilisées durant le conflit armé. L’année précédente, le Président Alvaro Colom s’était pourtant engagé lors de la Conférence internationale contre l’impunité à lutter contre celle-ci, véritable fléau en Amérique latine. Au Honduras, pays normalement plus calme en termes d’assassinats, Rosa Altagracia Fuentes, secrétaire générale de la Confederación de Trabajadores de Honduras (Confédération des travailleurs du Honduras – CTH), a été brutalement assassinée, elle a reçu 16 balles dans le corps. Selon les informations de la CSI, la police gère des listes de dirigeants reconnus, notamment des indigènes, des journalistes, voire des personnalités de la communauté internationale, qui sont soumis à une surveillance permanente par les services du renseignement de l’État. Le rapport de la CSI met en exergue des cas similaires au Panama où un dirigent syndical du Sindicato Único Nacional de Trabajadores de la Industria de la Construcción y Similares (Syndicat unique national des travailleurs de l’industrie de la construction et de secteurs connexes – SUNTRACS) a été assassiné dans un contexte d’intenses et graves violations des droits des travailleurs. L’organisation syndicale et la négociation collective sont mises à mal via une panoplie de pratiques douteuses. Il s’agit, entre autres, de la sous-traitance de main d’œuvre via une entreprise intermédiaire ou tout simplement du licenciement de dirigeants syndicaux afin de favoriser ni plus ni moins l’élimination du mouvement syndical. Il n’est pas rare que des employeurs offrent une rémunération contre la désaffiliation du syndicat. Au Nicaragua, ce sont les contrats déterminés de courte durée qui fleurissent et empêchent l’augmentation du nombre de membres des syndicats. En outre, les droits syndicaux sont inexistants dans les zones franches d’exportation (ZFE), véritables zones de non-droit. Pour le rapport annuel de la CSI, si les employeurs bafouent sans complexe les droits des travailleurs dans un si grand nombre de cas, c’est certainement dû au manque de sanctions ou à la faiblesse de celles-ci. Alors que le Salvador a ratifié la Convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, elle n’est toujours pas appliquée. Tout comme au Costa Rica, où l’exercice des droits syndicaux est entravé de manière significative. Le rapport de la CSI explique que, dans certains cas, le non respect de la législation peut être un outil efficace pour bafouer les droits syndicaux. Dans d’autres, c’est la législation qui est un outil pour ne pas respecter ces droits. Aux Etats-Unis, des dizaines de milliers de travailleurs sont licenciés chaque année sans tenir compte de celle-ci. En outre, le démantèlement des syndicats constitue une industrie dont le chiffre d’affaire est estimé à plusieurs milliard de dollars. Dans certaines provinces du Canada, la législation ne fournit aucune protection juridique en matière de syndicalisation de certaines catégories de travailleurs ou impose des restrictions au droit de grève. Au Mexique, les « contrats de protection », faux accords collectifs créés par le patronat, négociés à l’insu des travailleurs et déposés auprès de la Commission fédérale de conciliation et d’arbitrage, bafouent les droits syndicaux en empêchant l’établissement de syndicat dans l’entreprise, toute négociation collective effective, ainsi que l’exercice du droit de grève. Même son de cloche au Pérou, où la tendance à la sous-traitance d’un grand nombre de services gouvernementaux s’est poursuivie, entraînant une diminution des postes de travail au sein des entreprises d’État et dans la fonction publique. Enfin, au Venezuela, le gouvernement continue ses ingérences dans les affaires des centrales syndicales. Les Caraïbes ne dérogent pas à la règle. Alors que la loi reconnaît les droits syndicaux, on est loin d’une mise en œuvre systématique, particulièrement en ce qui concerne le droit de grève. À la Barbade, par exemple, alors que les organisations syndicales sont reconnues, il leur est pratiquement impossible de négocier une convention collective alors que les organisations syndicales implantées en Jamaïque se plaignent régulièrement des pratiques visant à les démanteler. « Les violations des droits des syndicalistes connaissent une aggravation préoccupante sur le continent américain alors que celui-ci est mis à mal depuis de trop nombreuses années » a déclaré Guy Ryder, secrétaire général de la CSI. « Le mouvement syndical doit pouvoir exercer son rôle légitime de représentant de la classe ouvrière, particulièrement quand la planète doit faire face à une crise économique et financière mondiale. » La CSI représente 170 millions de travailleuses et de travailleurs au travers de 312 organisations nationales de 157 pays. http://www.ituc-csi.org http://www.youtube.com/ITUCCSI Pour de plus amples informations, veuillez contacter le Service Presse de la CSI aux numéros suivants : +32 2 224 0204 or +32 476 621 018. themes : Amérique , Droits syndicaux
États-Unis : les États frappés par la crise la font payer aux pauvres
En Martinique, depuis le mouvement de février et mars 2009, on nous rabat les oreilles en laissant entendre que la grève serait responsable de tous les maux du monde. Cependant aux Etats-Unis dans le pays le plus riche du monde, du fait de la crise capitaliste les masses laborieuses sont confrontées quotidiennement à des licenciements et au chômage sans aucun mouvement social. Lire le document extrait de la presse ouvrière révolutionnaire française.
Position de la CGTM présentée par G JOACHIM-ARNAUD, à propos de l'élection de Barack OBAMA.
Les dates clés du syndicalisme international
Liste à puces
1864 - Création à Londres de la 1° Internationale : l’Association internationale des travailleurs AIT (disparaît en 1876)
1889 - Naissance à Londres de la 2° Internationale ouvrière socialiste IS. A l’origine l’IS a une dimension syndicale et politique. Les syndicats sont appelés à s’unir dans les Secrétariats professionnels internationaux (SPI). Création du 1° mai Création de l’Internationale syndicale des typographes – des syndicats CGT y participent activement
1890 - Création de la Fédération internationale des mineurs – des syndicats CGT y participent activement
1901 - Création à Dublin du Secrétariat syndical international SSI auquel la CGT adhérera plus tard
1910 - Conférence des Femmes socialistes. Adoption du 8 mars comme Journée internationale de lutte des femmes
1913 - Conférence internationale de Zurich : transforme le SSI en Fédération syndicale internationale FSI. La CGT y adhère
1919 - Création à Moscou de la 3° internationale (communiste) qui est une internationale politique. Dissoute entre 1943 et 1947, elle disparaîtra définitivement en 1956 Reconstitution de la FSI
1920 - Création de la Confédération internationale des syndicats chrétiens CISC. Adhérent français CFTC
1921 - Création à Moscou de l’Internationale syndicale rouge (ISR) - suite à la création de la 3° Internationale en 1919 - à laquelle pour la France adhère la CGTU. L’ISR cessera ses activités en 1937.
1945 - La Fédération syndicale mondiale, FSM, est créée à Paris, en prolongement de la FSI et regroupe, dans une démarche unitaire, les syndicats autrefois affiliés à la FSI et les indépendants à l’exception des adhérents de la CISC. Les SPI restent en dehors de la FSM. La CGT fait partie des organisations fondatrices
1948 - Scission au sein de la FSM
1949 - Création de la Confédération internationale des syndicats libres, CISL. Adhérent français : Force ouvrière
1968 - La CISC devient Confédération mondiale du travail CMT
1973 - Création de la Confédération européenne des syndicats, CES. Adhérents français : FO puis CFDT (en 1974) et CFTC (en 1990).
1979 - Départ de la CFDT de la CMT
1989 - Adhésion de la CFDT à la CISL
1995 - Départ de la CGT de la FSM.
1999 - Adhésion de la CGT et de l’UNSA à la CES
2000 - Congrès de la CISL à Durban : débat du Millénaire ; début des discussions entre la CISL et la CMT
2003 - Congrès de la CES à Prague – l’intervention de Guy Ryder, secrétaire général de la CISL devant le congrès est l’occasion du lancement du processus
2004 - Le processus est lancé avec les organisations syndicales sans affiliation internationale
Le BIT annonce que la crise financière mondiale pourrait entraîner la perte de 20 millions d’emplois
GENÈVE (Nouvelles du BIT) – La crise financière mondiale pourrait voir quelque 20 millions d’hommes et de femmes venir grossir les rangs du chômage mondial, a déclaré aujourd’hui le Directeur général du BIT. «Nous avons besoin d’une action rapide et coordonnée des gouvernements pour éviter une crise sociale qui risque d’être sévère, durable et mondiale», a-t-il ajouté.
En se fondant sur les estimations révisées de la croissance mondiale fournies par le Fonds monétaire international (FMI)(Note 1), les Nations Unies et des rapports précoces évoquant des suppressions d’emplois en hausse dans la plupart des pays pour lesquels des données sont disponibles, le Directeur général du BIT Juan Somavia a déclaré que, selon les estimations préliminaires du BIT, «le nombre des chômeurs pourrait passer de 190 millions en 2007 à 210 millions fin 2009».
M. Somavia a ajouté que «le nombre de travailleurs pauvres vivant avec moins d’un dollar par jour pourrait augmenter de 40 millions – et celui des personnes disposant de deux dollars par jour de 100 millions». M. Somavia a également précisé que la crise actuelle frapperait plus durement certains secteurs tels que la construction, l’automobile, le tourisme, la finance, les services et l’immobilier. Il a également noté que les nouvelles projections «pourraient se révéler sous-estimées si l’on n’affronte pas rapidement les effets du ralentissement économique actuel et la récession qui menace». «La crise ne sévit pas seulement à Wall Street, mais partout dans le monde. Nous avons besoin d’un plan de sauvetage économique pour les familles laborieuses et l’économie réelle, avec des règles et des politiques qui fournissent des emplois décents. Nous devons mieux assurer le lien entre productivité et salaires et entre croissance et emploi», a affirmé M. Somavia. «La protection et la promotion des entreprises durables et des offres d’emplois décents doivent être au cœur du Sommet sur la crise financière, récemment annoncé par les Présidents Bush et Sarkozy». «Nous devons revenir à la fonction première de la finance qui est de promouvoir l’économie réelle. De prêter de manière à ce que les entrepreneurs puissent investir, innover, créer des emplois et produire des biens et des services.» M. Somavia a fait part de ses inquiétudes quant à la restauration des flux de crédit; au maintien et au renforcement de la protection sociale (pensions, indemnités chômage, allocations familiales et mécanismes de soins de santé); à l’accès garanti des entreprises au crédit pour éviter les licenciements, les réductions de salaire, la banqueroute et pour permettre la reprise, le respect des droits des travailleurs et l’approfondissement du dialogue social afin de gérer les conséquences de la crise pour les entreprises; au maintien des flux d’aide publique au développement; à la restauration d’un régime de régulation de la finance mondiale; et au passage rapide de la reprise au développement durable grâce à l’investissement et à la croissance. «Nous sommes très favorables aux appels actuels en faveur d’une meilleure régulation financière et d’un système de surveillance global de contrôles et de garde-fou, mais nous devons nous projeter au-delà du système financier.»
«Bien avant que n’éclate la crise financière actuelle, nous étions déjà en crise, avec une pauvreté massive à l’échelle mondiale et des inégalités sociales croissantes, une informalité et un travail précaire en plein essor – un processus de mondialisation qui a généré de nombreux bénéfices mais qui est aujourd’hui déséquilibré, injuste et précaire», précise-t-il. «Nous devons rétablir l’équilibre et nous concentrer sur le sauvetage des personnes et de la production. Il s’agit de sauver l’économie réelle.» Si nous voulons préserver la bonne marche des économies et des sociétés ouvertes, nous devons commencer à travailler ensemble au sein des organisations internationales concernées afin de développer un nouveau cadre multilatéral au service d’une mondialisation juste et durable. Les négociations commerciales sont reportées, les marchés financiers sur la brèche et le changement climatique se poursuit; toute reconstruction devra trouver des méthodes pour intégrer les politiques financière et économique, sociale et environnementale dans une approche commune du développement durable.
Le temps est venu de penser et d’agir courageusement et de manière innovante afin de relever les vastes défis qui nous attendent, particulièrement pour les Nations Unies, a indiqué M. Somavia, se référant à la réunion du Conseil des chefs de secrétariat (CCS) des organismes des Nations Unies prévue le week-end prochain et présidée par le Secrétaire général Ban Ki-Moon.
Note 1 – Les Perspectives de l’économie mondiale, publiées par le FMI le 8 octobre, prévoyaient 3,2 pour cent de croissance mondiale pour 2009, en baisse par rapport à la prévision originale de 4,6 pour cent pour 2008. En 2006 et 2007, les prévisions étaient respectivement de 5,5 et 5,6 pour cent.
L'Union Générale des Travailleurs de la Guadeloupe.
L’UGTG a tenu son Congrès constitutif le Dimanche 2 décembre 1973 à Baie-Mahault en Guadeloupe. Rassemblement de: UTA (Union des Travailleurs Agricoles) et de UPG (Union des Paysans Pauvres de la Guadeloupe), cette Centrale se déclare pour l’organisation des ouvriers, des employés de tous les secteurs, des petits fonctionnaires et pour l’organisation d’une véritable centrale de lutte de classe.
La CSI est issue du rapprochement mené depuis les années 2000 entre la Confédération internationale des syndicats libres et la Confédération mondiale du travailet un "groupe de contact" d'organisations non affiliées rassemblant entre autres CGT française, et maintient des liens étroits avec la Confédération européenne des Syndicats. À sa création, la Confédération syndicale internationale regroupe 306 organisations syndicales actives dans 154 pays et représentant plus de 168 millions de travailleurs. La CSI déclare en préambule vouloir: « L’amélioration des conditions de travail et de vie des travailleuses et des travailleurs et de leur famille, et la lutte pour les droits humains, la justice sociale, l’égalité de genre, la paix, la liberté et la démocratie, ont été le rôle historique du syndicalisme et restent sa mission ».
La Confédération européenne des syndicats (CES), regroupe la plupart des organisations syndicales européennes pour leur permettre de mener ensemble des actions de lobbying auprès des institutions de l'Union Européenne. La CES regroupe 81 organisations membres de 36 pays européens, ainsi que 12 fédérations syndicales européennes, ainsi que des organisations ayant un statut d’observateur en Macédoine et en Serbie. Les organisations syndicales affiliées à la CES conservent leurs propres procédures de prise de décision. La CES est reconnue par l'Union européenne, par le Conseil de l'Europe et par l'Association européenne de libre échange comme la seule organisation syndicale intersectorielle représentative au niveau européen.
L’Organisation internationale du Travail. L’Organisation internationale du Travail a été créée en 1919, lors de la résolution du premier conflit mondial par le traité de Versailles. L’Organisation, parmi les institutions de la Société des Nations, est la seule qui survit à la seconde guerre mondiale. L’OIT devient une institution spécialisée de l'ONU en 1946. Elle compte actuellement 188 États Membres. Dotée d’une structure «tripartite» unique, elle réunit sur un pied d’égalité les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs pour débattre des questions relatives au travail et à la politique sociale. Le secrétariat de l’Organisation, le Bureau international du Travail (BIT), a son siège à Genève en Suisse et gère des bureaux extérieurs dans plus de 40 pays.