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Quelques dates historiques du mouvement ouvrier


AGENDA DES GRANDES DATES 
 
Janvier 1934 : André ALIKER, assassinat d’André ALIKER
André Aliker, le responsable du journal du mouvement communiste est assassiné en janvier 1934 pour avoir révélé les dessous d'une sombre affaire de fraude fiscale supposée du béké Aubéry.
Son cadavre fut découvert le 11 janvier 1934 sur la plage de Fonds Bourlet entre Case-Pilote et Bellefontaine déposé sur une feuille de tôle, les avant-bras ligotés par une cordelette et maintenu, dans le dos.
 
Février 1974 : Fusillade de Chalvet à Basse-Pointe, Martinique. 2 ouvriers agricoles tués :
Après deux mois de grève, les ouvriers agricoles dans la région du nord de la Martinique, à Basse-Pointe sont prit dans une embuscade dressée par les forces de gendarmerie. Ils perdront deux des leurs Ilmany et Marie-Louise.

Février 1935 à la Martinique: la marche de la faim :
Lors des journées de février 1935, les travailleurs de la canne marchèrent sur Fort de France et occupèrent la ville. Les travailleurs demandaient une augmentation du salaire des coupeurs et des arrimeurs, une diminution de la tâche, et que le prix des denrées de base soit abordable. Ces revendications essentielles pour les travailleurs de la canne, touchaient aux bases du système d’exploitation de l’époque. 
 
Février 1900 grande grève la fusillade du François : 10 morts 21 blessés :
Le 6 février, C’est la grève marchante. La revendication salariale est : 1,50 francs puis 2 francs. Mais bien vite la situation va se dégrader. C’est le 8 février à 17 heures 15 que le lieutenant Kahn déclenche une  fusillade qui ne mettra pas fin à la grève, mais qui enverra à terre 10 morts et 12 blessés graves. 

 Mars 1961 : Fusillade du Lamentin, 3 martiniquais tués par les gardes mobiles :
Au Lamentin que le 24 mars 1961, 3 Martiniquais sont tués et plus d'une vingtaine blessés par les balles des mitraillettes des forces de répression coloniale française. Les ouvriers agricoles étaient en grève pour réclamer des augmentations du salaire de misère qui leur était versé, ainsi que des améliorations des conditions de travail et de paiement des salaires. Tous ceux qui sont tombés ont été atteints de balles dans le dos car ils s'éloignaient de l'église pour rejoindre leur domicile. On compta 3 morts : MARIE-CALIXTE, LAURENCINE, VALIDE. Dans le discours prononcé lors des obsèques des victimes, « sur trois tombes » Georges GRATIANT , maire communiste, fustigea le comportement des autorités coloniales, ainsi que la férocité de la répression contre des ouvriers qui réclamaient du pain et à qui on a donné du plomb.

Mars 1948 : Fusillade du Carbet, 3 ouvriers agricoles tués :
Grève générale de tous les ouvriers agricoles de l'habitation Lajus. Le 2 mars, on entame des pourparlers, les coupeurs de canne demandent l'application des dispositions des conventions de l'année dernière. Le patron refuse de parlementer. Une fusillade éclate et entraîne: la dispersion des ouvriers et des badauds, à terre, il y a une femme, deux morts: André Jacques et Mathurin Dalin; deux blessés Yvonne Jacques et André Balmer. 



SUR TROIS TOMBES
(Georges GRATIANT)

 
Discours prononcé par Georges GRATIANT, maire du Lamentin, aux obsèques de :
- Suzanne Eulalie MARIE-CALIXTE, 24 ans, couturière, quartier "Floride" ;
- Marcelin Alexandre LAURENCINE, 21 ans, ouvrier agricole à "Roches Carrées" ;
- Edouard VALIDE, 26 ans, ouvrier agricole à "Roches Carrées", tués au Lamentin, le vendredi 24 mars 1961, par les forces de répression.
 
 Au nom de l'ordre et de la force publique, au nom de l'autorité qui nous régente, au nom de la loi et au nom de la France, une poignée d'assassins en armes vient de creuser trois tombes, d'un coup, dans notre sol Lamentinois.
 Crime plein de lâcheté et plein d'horreur !
 Crime policier, crime raciste, crime politique ; policier, certes, parce que pas une main civile n'a commis, en cette nuit du vendredi 24 mars 1961, le moindre geste meurtrier ; crime raciste, certes,  même quand les valets de notre sang, de notre race, au service à la fois de la force et de l'argent, trahissent leur sang, trahissent leur race, pour se faire vils et dociles assassins ; crime politique, certes, parce qu’il fut organisé pour et par les forces d'oppression capitalistes et colonialistes et qu’il s’est commis au grand détriment de familles ouvrières des plus humbles mais des plus dignes.
Vingt et un blessés et trois cadavres, voici le bilan de cette nuit tragique, de ces minutes de rage policière.
Nous mesurons alors tout le poids du mépris des meurtriers en uniformes et nous savons aujourd'hui, encore mieux qu'hier, le peu de poids que pèsent dans la balance de l'Etat français, les vies humaines, lorsque ces vies-là sont celles des nègres de chez nous.
 Le plus féroce des meurtriers, fût-il fusil au poing, mitraillette au côté, chasse de la voix le chien qui, devant sa porte approche, pour l'avertir des sévices qu'il encourt.
Ici, les assassins officiels - sans crier gare - couchent sur le sol, en deux salves sanglantes, des hommes, des femmes, qui ont commis la faute de ne pas être contents d'avoir été si longtemps trompés, abusés, exploités.
Qui veut du pain aura du plomb
 Au nom de la loi, au nom de la force, au nom de la France,
An nom de la force de la loi qui vient de France ;
Pour nous le pain n'est qu'un droit,
Pour eux le plomb c'est un devoir,
Et dans l'histoire des peuples noirs,
Toujours a tort qui veut du pain
Et a raison qui donne du plomb.
 Ainsi vont les choses pour nous, les noirs.
De mal en pis elles vont les choses.
Pour que les cris des peuples noirs,
Ceux de l'Afrique, ceux du Congo,
Ceux de Cayenne et ceux d'ici,
Ne puissent s'unir en une seule voix dont les échos feront un jour éclater l'avenir en gros morceaux de joie, de tendresse et d'amour, feront s'évaporer la haine, la domination et la servilité,
Feront pleuvoir du bonheur pour les pauvres.
Pour que les échos de cette immense voix des travailleurs de toutes les races, unis, égaux en droit, ne puisse résonner à l'unisson,  on l'étrangle, on enferme et l'on tue.
Dans les lambeaux de quel drapeau vont se cacher, pour palpiter, les principes humains de la morale Française ?
 Sous les plis de quelle bannière va se tapir la charité chrétienne ?
Répondez, citoyens, camarades, répondez, vous que le plomb  tient aux entrailles et qui raillez à l'hôpital.
Répondez-vous que les balles assassines ont couché dans le silence.
Répondez vous trois qui avez passé vos brèves années dans le culte du travail et de Dieu.
Répondez-moi, Suzanne MARIE-CALIXTE, belle et forte camarade, toi qui pendant tes 24 années passées sur terre, as cultivé l'amour de ta mère et de ta grand-mère, l'amour des tiens, l'amour de Dieu, de tes prochains.
Dis-moi quelle dernière prière tu venais d'adresser à ton Seigneur dans son église que tu quittais à peine, quand les gendarmes firent entrer la mort par un grand trou dans ton aisselle, à coups de mitrailleuse.
Et si ton Dieu t'accueille au ciel, tu lui diras comment les choses se sont passées.
Tu lui diras qu'Alexandre LAURENCINE, ici présent avait seulement
 vingt et un ans,
Qu'il s'est couché sur le pavé et que c'est là, face contre terre qu'il fut tiré et qu'il fut tué, déjà couché, prêt au tombeau ; tu lui diras que son papa s'était baissé pour l'embrasser et qu'à la main il fut blessé ; tu lui diras, jeune fille, qu'Edouard VALIDE garçon tranquille de vingt six ans, donnait le dos aux assaillants, et qu'à la nuque il fut atteint et que sa tête, de part en part, fut traversée ; tu lui diras que les Français forment ici une gestapo qui assassine dans le dos, au nom de la loi, au nom de la force, au nom de l'ordre, au nom de la France, au nom de l'ordre qui vient de France,
Vous trois, amis, dont la police et la gendarmerie ont cru utile et agréable d'ouvrir les tombes à coups de fusils,
Vous trois dont les mains étaient vides comme vos poches  et votre ventre,
Vous trois dont la tête était pleine de tracasseries et de soucis, de manque d'argent et de malheur,
Vous trois dont le coeur était plein d'espoir et d'amour,
Sachez que votre sang a fécondé le sol de votre ville pour que lèvent des milliers de bras qui sauront un jour honorer votre martyre, dans la paix, dans la raison et dans la liberté.
 
Vos noms rejoignent glorieusement ceux du François de 1900, ceux du Carbet de 48.
Et tous ceux qui, pour les mêmes raisons sont les victimes du plus fort et de la trahison.
Au nom de l'Edilité de votre ville, au nom de tout un peuple de  travailleurs, je m'incline avec piété devant vos trois cercueils et je salue  affectueusement vos familles dans la douleur.
Puisse votre avenir illuminer nos luttes à venir, qui seront dures, certes - ici, vos bières nous l'indiquent à suffire - mais qui seront nos luttes, assurément, victorieuses.
 
Car, nous sommes tous avec vous trois par votre sang, par notre honneur, liés, pour la raison contre la trahison, dans le courage contre la lâcheté, dans l'amour contre la haine, pour la liberté contre la servilité, pour la fraternité des peuples contre le racisme, pour la paix et le bonheur universels, contre l'égoïsme cruel de quelques-uns.
 
FIERS ET CHERS CAMARADES, ADIEU !




 
8 mars journée internationale des femmes :
La journée internationale de la femme est célébrée le 8 mars et trouve son origine dans les manifestations de femmes au début du XXe siècle en Europe et aux États-Unis, réclamant de meilleures conditions de travail et le droit de vote..
C’est une journée de manifestations à travers le monde : l’occasion de revendiquer l'égalité, de faire un bilan sur la situation des femmes.

 24 mai 1925 la soldatesque coloniale assassine Des Etages, Zizine et commet la tuerie du Diamant :
Au début du 20è siècle, la concentration des terres s’est accrue par rapport à celle qui existait à la veille de l’abolition de l’esclavage. «Dix familles» de Békés possèdent ou contrôlent plus de 75% des terres et dominent la production de sucre. La puissance des possédants békés n’a d’égal que leur arrogance. Face à la forte concentration des biens, les conditions des ouvriers et des ouvrières des usines et des champs se sont aggravées. C’est dans ce contexte, de luttes ouvrières et sociales souvent radicales et de luttes électorales, dominées par la puissance des possédants békés liés au pouvoir du gouverneur Richard que, lors des élections municipales, Des Etages et Zizine, furent tués par un gendarme le 24 mai 1925

1er mai journée internationale des travailleurs :
Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C'est alors qu'une bombe explose devant les forces de l'ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police. Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines.
 
 
22 mai 1848 révolution anti-esclavagiste :
22 mé, Neg pété chenn ! Les émeutes du 22 mai ont provoqué la proclamation de l’émancipation onze jours avant l’arrivée du décret. Les nègres esclaves ont brisé leurs chaînes.
La révolte trouva son point culminant, avec la lutte armée des esclaves de Saint-Pierre.
   
Juillet 1948 Les Seize de Basse-Pointe : un conflit éclate De Fabrique est tué :
En 1950, seize militants syndicaux ouvriers sont privés de liberté, dès octobre 1948, seront jugés aux assises de Bordeaux en 1951. Basse-Pointe est en état de siège; la grève des ouvriers va durer huit mois.
 
 
Septembre 1870 l’insurrection du Sud de la Martinique :
L'insurrection du Sud qui sest déroulée en septembre 1870 est une page d’histoire qui fait partie intégrante des débuts du mouvement ouvrier à la Martinique. Elle débuta en février 1870. Un jeune Noir, Léopold Lubin, fut cravaché violemment par un Blanc parce qu’il ne l’avait pas salué et ce dernier voulait lui «apprendre à respecter les Blancs». N’ayant pu trouver réparation auprès des tribunaux, après plusieurs mois, Lubin décida de remettre au Blanc arrogant sa correction. Lui, sera arrêté sur-le-champ, emprisonné. Le 19 Août, il fut condamné par la cour d’assises de Fort de France à cinq ans de bagne et à payer une forte somme d’argent à titre de dommages et intérêts.
L’arrestation de Lubin puis sa condamnation par un tribunal à la solde des békés (parmi les assesseurs figurent un gros propriétaire de Rivière-Pilote, le dénommé Codé) porta la colère de la population à son comble.
 
 
Décembre 1959 : Les événements de décembre : trois jeunes manifestants sont tués :
Suite à un incident de circulation ayant conduit à une altercation entre un Martiniquais et un Français, non loin de la Savane , des CRS interviennent violemment, lançant des gaz lacrymogènes, dispersant sans ménagement la population présente. Des badauds et des militaires permissionnaires ripostent. Et 3 jours durant, des groupes venus en grande partie des quartiers populaires de Fort-de-France affrontent les CRS puis, une fois ceux-ci consignés au Fort Saint-Louis, les gendarmes et les policiers. Lors de ces émeutes, les forces del'ordre tuent 3 jeunes martiniquais :

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